Le marché automobile évolue à une vitesse fulgurante, mais certaines icônes savent garder le cap. Le nouveau Toyota RAV4, sixième du nom, débarque en concessions en avril 2026 avec une mission claire : perpétuer l’héritage d’un modèle qui a dominé les ventes mondiales en 2025. Loin de bouleverser une formule gagnante, Toyota a opté pour une évolution intelligente, peaufinant ce qui fait le succès de son SUV compact : une efficience remarquable, un sens pratique aiguisé et une robustesse à toute épreuve. Cette nouvelle mouture repose sur la plateforme éprouvée de son prédécesseur, promettant ainsi une fidélité aux racines que les fans Toyota apprécient tant. Mais alors, quelles sont les véritables nouveautés de ce nouveau modèle, et tient-il toutes ses promesses sur la route ?
Au menu de ce premier essai, un style extérieur modernisé, un système multimédia entièrement revu et des chaînes de traction hybrides, plus sobres que jamais. Les versions HEV et PHEV ont été passées au crible, notamment sur les routes sinueuses d’Andalousie, offrant un aperçu des atouts et des quelques faiblesses d’un véhicule qui se veut avant tout rassurant et efficace. Le défi était de taille : remplacer un best-seller sans décevoir une communauté de propriétaires déjà conquise. Toyota parie sur la continuité et la modernisation ciblée pour maintenir le RAV4 au sommet de sa catégorie. L’approche est sérieuse, peut-être un peu moins passionnante, mais incontestablement efficace pour un voiture hybride qui ne transige pas avec ses fondamentaux.
En bref :
• La star mondiale des SUV : Le Toyota RAV4 a été la voiture la plus vendue au monde en 2025, établissant un record impressionnant que cette sixième génération doit honorer.
• Continuité assumée : Pas de révolution, mais une recette à succès améliorée, avec un focus sur l’efficience, le sens pratique et la robustesse, hérités de la plateforme TNGA.
• Nouveautés majeures : Un design extérieur rafraîchi, un tout nouveau système multimédia Toyota Connect, et des chaînes de traction hybrides (HEV et PHEV) encore plus sobres et disponibles en 2WD ou 4WD.
• Autonomie PHEV record : La version hybride rechargeable annonce jusqu’à 137 km d’autonomie électrique, un chiffre qui surpasse bon nombre de ses concurrents directs.
• Fidélité des clients : Plus de 750 commandes déjà enregistrées avant même la sortie officielle, dont la moitié émanant de propriétaires actuels de RAV4, témoignant d’une base de fans Toyota solide.
• Confort et matériaux : Si l’habitabilité reste généreuse, la qualité perçue des matériaux intérieurs déçoit, surtout au vu des tarifs affichés qui, il faut l’admettre, ont pris l’ascenseur.
Le nouveau Toyota RAV4 : Une silhouette familière, des détails inédits
Depuis son apparition en 1994 sous l’appellation « Fun Cruiser », le RAV4 a sculpté son chemin pour devenir une référence incontournable sur le marché des SUV compacts en France et dans le monde. C’est l’incarnation de la familiale par excellence : rassurante, spacieuse et d’une fiabilité exemplaire, notamment depuis son virage vers l’hybride en 2016. Avec plus de 200 000 RAV4 en circulation dans l’Hexagone, la communauté de propriétaires est non seulement vaste, mais aussi extraordinairement loyale. L’ouverture des commandes de cette sixième génération a d’ailleurs vu plus de 750 bons de commande signés avant même que la voiture ne soit visible en concession, avec une moitié de ces acquéreurs possédant déjà un RAV4. Ce constat explique pourquoi Toyota a privilégié une stratégie de continuité plutôt qu’une refonte complète du modèle.
Le nouveau modèle se modernise donc avec subtilité. Le design extérieur conserve les lignes générales qui ont fait son succès, tout en intégrant des touches contemporaines. L’intérieur, lui, profite d’une planche de bord entièrement repensée, et les chaînes de traction, qu’elles soient « auto-rechargeables » ou hybrides rechargeables, affichent une efficience accrue. La version hybride rechargeable, en particulier, connaît une évolution profonde, promettant une autonomie électrique impressionnante. Cette approche vise à satisfaire les attentes des propriétaires actuels tout en attirant de nouveaux clients séduits par la réputation de robustesse et la sobriété légendaire du Toyota RAV4.

Un design extérieur fidèle à l’esprit RAV4
En reprenant la plateforme TNGA de son prédécesseur, le nouveau Toyota RAV4 maintient son allure générale, ses proportions caractéristiques et ses passages de roues aux accents « carrés », renforçant cette impression de robustesse si appréciée. La véritable nouveauté réside dans une face avant revisitée, adoptant une signature lumineuse qui n’est pas sans rappeler celle du récent C-HR+ électrique, conférant une touche de modernité sans trahir son identité. À l’arrière, l’inscription « RAV » s’étale désormais en grand format entre les feux, sous le logo Toyota qui, sur les versions GR Sport que nous avons eu en premier essai, est élégamment peint en noir. Ces variantes GR Sport, à l’image des finitions sportives chez d’autres constructeurs, bénéficient d’une allure plus dynamique grâce à des voies élargies de 20 mm et une garde au sol légèrement abaissée à 18,6 cm (contre 20,1 cm pour les autres versions). Malgré ces évolutions, la sixième génération conserve exactement les mêmes dimensions que sa devancière de 2018 : 4,60 m de long, 1,86 m de large, 1,70 m de haut, avec un empattement de 2,69 m, le positionnant habilement entre des concurrents tels que le Renault Austral et le Citroën C5 Aircross. Ce choix de maintenir le gabarit assure une continuité et une reconnaissance immédiate du modèle.
L’intérieur du nouveau Toyota RAV4 : Un habitacle repensé
Si l’extérieur évolue par touches subtiles, l’aménagement intérieur du nouveau modèle opère une transformation plus notable. L’habitacle est dominé par une toute nouvelle planche de bord aux lignes très horizontales, visant à accentuer la sensation d’espace. L’écran-compteur de 12,3 pouces, installé 40 mm plus bas, optimise la vision sur la route, et il est complété par un affichage tête haute sur les versions GR Sport. La dalle centrale, quant à elle, affiche 12,9 pouces et intègre judicieusement quelques boutons physiques à sa base, permettant de régler rapidement la température ou le volume sonore. Le remplacement du levier de vitesse traditionnel par une gâchette libère un espace considérable sur la console centrale, créant de nombreux rangements, dont un pour deux smartphones, et un autre sous l’accoudoir central. Ces aménagements témoignent d’une attention portée à l’aspect pratique, un pilier essentiel du Toyota RAV4.
Toutefois, une ombre plane sur cette refonte : la qualité des matériaux. Le mécanisme du couvercle du rangement central déçoit par son jeu et les bruits qu’il émet à l’ouverture. Plus globalement, ce nouveau RAV4 n’impressionne pas par la qualité perçue des plastiques de la planche de bord, des contre-portes ou de la console centrale. Ces matériaux se rapprochent davantage de ce que l’on pourrait trouver dans un Dacia Bigster plutôt que dans un Peugeot 3008 ou un Renault Austral, dont la réalisation est nettement plus flatteuse. Cette observation ne préjuge en rien de la fiabilité reconnue du SUV nippon, mais elle met en lumière les compromis d’un véhicule à vocation « mondiale » comme le RAV4, où les exigences de certains marchés en matière de présentation intérieure sont moins élevées que celles du public européen. Les fans Toyota, habitués à la robustesse, pourraient être surpris par ce choix.
Vie à bord : Habitabilité généreuse et ergonomie fonctionnelle
Le précédent RAV4 était reconnu pour son habitacle généreux, et le nouveau modèle, avec ses dimensions inchangées et son empattement de 2,69 m, maintient cette caractéristique essentielle. Les passagers arrière bénéficient toujours d’un bel espace pour les jambes et d’une assise confortable, avec des dossiers réglables sur deux positions d’inclinaison. Seule la place centrale arrière, comme c’est souvent le cas avec un accoudoir intégré, reste moins confortable sur de longs trajets. Côté modularité, le Toyota RAV4 ne fait pas d’efforts supplémentaires : pas de banquette coulissante, de tirettes pour rabattre les dossiers depuis le coffre, ou de logement spécifique pour le cache-bagages. Cependant, le plancher plat obtenu une fois la banquette rabattue est appréciable, et le volume de coffre reste généreux : 514 litres pour les versions HEV et 446 litres pour les PHEV, des chiffres tout à fait honorables pour le segment. Un atout non négligeable pour les familles et les amateurs d’activités en plein air.
L’une des grandes innovations de cette sixième génération concerne son système télématique, baptisé Toyota Connect. Doté d’un « hardware » bien plus robuste et d’un système annoncé quatre fois plus rapide, il se révèle plus intuitif, mieux organisé et plus complet. Toyota a collaboré avec des géants comme Google pour les points d’intérêt et TomTom pour les radars fixes, cherchant à se remettre à niveau. L’application MyToyota permet désormais des actions à distance, une fonctionnalité moderne bienvenue. Comparé à l’ancienne génération, le progrès est indéniable, même si la navigation pourrait encore s’améliorer en termes de vitesse de calcul et de qualité d’affichage pour atteindre le niveau des meilleurs. L’ergonomie des commandes est, elle, plutôt réussie, avec la présence de vrais boutons pour les fonctions essentielles (température, volume, caméra 360°, modes de conduite), et des fonctionnalités souvent utilisées affichées en permanence sous l’écran central. Les variantes GR Sport offrent une position de conduite élevée, avec un siège conducteur à réglages électriques, des amplitudes de réglages du volant généreuses et un appui lombaire électrique, garantissant un confort appréciable malgré quelques ajustements nécessaires au capot qui s’étend sous les yeux.
Performance et comportement : Le Toyota RAV4, entre sobriété et sérénité
Le Toyota RAV4 maintient ses deux propositions hybrides, avec et sans fil, désormais disponibles en deux et quatre roues motrices, incluant une version PHEV traction avant inédite. Les deux chaînes de traction reposent sur un moteur essence de 2,5 litres, dont la puissance a été légèrement revue à la baisse pour optimiser l’efficience. Les variantes HEV affichent désormais 185 ch en traction et 194 ch en AWD. Étonnamment, malgré cette réduction de puissance thermique, les performances restent similaires à celles du modèle précédent, grâce à un renforcement de la partie électrique et une nouvelle batterie (de capacité brute identique à 1,09 kWh) capable de délivrer plus de puissance. Cette optimisation permet au SUV compact de conserver son dynamisme tout en améliorant sa consommation de carburant. Une approche pragmatique qui séduira les conducteurs soucieux de l’environnement sans sacrifier l’agrément de conduite.
Si les versions HEV évoluent par touches, la version PHEV se réinvente. Elle troque son ancienne batterie de 18,1 kWh brut pour un accumulateur lithium-ion de 22,7 kWh. Le moteur électrique avant gagne en puissance, passant à 204 ch (+ 22 ch), portant la puissance cumulée à 309 ch en AWD et 272 ch pour la deux roues motrices. Ces améliorations se traduisent par des performances largement suffisantes pour la HEV (0 à 100 km/h entre 7,7 et 8 secondes) et la PHEV traction (7,5 secondes). La version PHEV AWD coiffe le tout avec un impressionnant 0 à 100 km/h abattu en 5,8 secondes. Les fans Toyota en quête d’une voiture hybride performante ne seront pas déçus. Pour ceux qui s’intéressent aux alternatives hybrides rechargeables, le marché offre aussi d’autres options intéressantes, comme le Suzuki Across, un SUV hybride qui partage certaines technologies avec Toyota.
Un comportement routier rassurant, un confort à nuancer
La conduite du Toyota RAV4 a toujours été synonyme de sérénité et cette nouvelle génération ne déroge pas à la règle. Le SUV privilégie l’équilibre à l’agilité, y compris dans ses variantes GR Sport aux réglages plus fermes. Lors des sollicitations sur les routes espagnoles, parfois poussiéreuses et à l’adhérence précaire, le véhicule élargit gentiment la trajectoire sans jamais se montrer piégeux. Les amateurs de dynamisme pur, en quête d’un SUV compact plus sportif, se tourneront probablement vers des concurrents comme le Renault Austral et ses options de roues arrière directrices. Le parti pris d’une conduite tranquille fait partie intégrante de la personnalité du RAV4, une caractéristique qui contribue à sa réputation de véhicule fiable et sécurisant. C’est un choix délibéré qui met l’accent sur le confort et la stabilité pour le conducteur au quotidien.
Cependant, le confort de suspension délivré par les variantes GR Sport, avec leur amortissement raffermi et leurs débattements réduits, peut être un point de friction. Les suspensions peinent parfois à filtrer les défauts du bitume, un inconvénient accentué par les roues de 20 pouces livrées de série. Le RAV4 se montre plus conciliant avec le châssis standard, comme en témoigne la version HEV en finition Lounge, offrant un meilleur compromis. L’insonorisation, en revanche, est de bonne facture, avec une isolation convenable des bruits d’air à vitesse stabilisée. Au volant de la version hybride « simple », la douceur typique de la chaîne de traction Toyota est au rendez-vous. La voiture hybride roule plus souvent en électrique en ville qu’auparavant, et les transitions essence/électrique sont parfaitement gérées. Toutefois, les montées en régime du moteur 4 cylindres peuvent encore se faire entendre lorsque la puissance est fortement sollicitée. Ce phénomène est moins prononcé avec l’hybride rechargeable AWD, dont la batterie de 22,7 kWh (contre 18,1 kWh précédemment) permet aisément plus de 100 km en mode tout électrique, un score qui surpasse ses concurrents directs comme le Peugeot 3008 Plug-in ou le VW Tiguan eHybrid. Le nouveau modèle intègre également une régénération intelligente via le Proactive Drive Assist, qui module le freinage en fonction de la circulation et du relief, bien qu’il faille parfois ajuster manuellement avec les palettes au volant sur les versions GR Sport, offrant six niveaux de régénération.

Aides à la conduite et efficience énergétique du RAV4
En conformité avec la norme européenne GSR 2, le Toyota RAV4 embarque l’intégralité des aides à la conduite obligatoires. Grâce à une nouvelle plateforme logicielle, le SUV compact bénéficie même d’ADAS de nouvelle génération, comme l’alerte de circulation transversale facilitant la traversée des intersections en détectant les véhicules perpendiculaires. Les finitions supérieures proposent la fonction Advanced Park, permettant de piloter les manœuvres de stationnement via smartphone depuis l’extérieur. Surtout, Toyota a simplifié l’accès aux aides à la conduite, notamment l’alerte de survitesse, désormais désactivable en deux clics. Cette amélioration de l’ergonomie est un réel plus pour les utilisateurs qui apprécieront de pouvoir personnaliser leur expérience de conduite sans naviguer dans des menus complexes. Une attention aux détails qui participe à la modernité du nouveau modèle.
L’efficacité des systèmes hybrides de Toyota est une constante, et le nouveau Toyota RAV4 continue sur cette lancée. La version Hybride deux roues motrices annonce désormais une consommation de 4,9 l/100 km en utilisation mixte, contre 5,6 l auparavant. Cela se traduit par des émissions de CO2 de seulement 112 g/km (contre 126 g/km précédemment), permettant de maintenir un malus écologique réduit, un avantage significatif en 2026. Lors de notre premier essai, l’ordinateur de bord affichait facilement moins de 6 l/100 km au volant de la HEV AWD, un chiffre prometteur qui nécessitera une confirmation par des mesures plus rigoureuses. Tous les RAV4 sont équipés d’un réservoir de 55 litres, offrant une autonomie confortable, proche des 1 000 km entre deux pleins, un point fort pour les longs trajets et une tranquillité d’esprit pour les fans Toyota.
Points positifs du Toyota RAV4 :
- Sobriété encore accrue : Des chaînes de traction hybrides optimisées pour des consommations et émissions réduites.
- Habitacle et coffre spacieux : Une générosité qui reste un atout majeur pour les familles.
- Système télématique en progrès : Toyota Connect offre une interface plus rapide et intuitive.
- Réputation qui n’est plus à faire : La fiabilité et la valeur de revente élevées sont des garanties solides.
Points négatifs du Toyota RAV4 :
- Tarifs prétentieux : Les prix ont significativement augmenté, défiant parfois la concurrence.
- Matériaux intérieurs décevants : La qualité perçue de certains plastiques n’est pas à la hauteur du positionnement tarifaire.
- Châssis peu agile : Les amateurs de conduite dynamique pourraient trouver le comportement routier trop neutre.
- Confort de suspension en GR Sport : L’amortissement raffermi des versions GR Sport pénalise le confort sur routes dégradées.
Renouvelé plutôt que repensé en profondeur, le nouveau Toyota RAV4 est clairement taillé pour satisfaire ses habitués et, plus largement, tous les conducteurs à la recherche d’un SUV familial rationnel, pratique et économique à l’usage. Sa fiabilité légendaire se conjugue à une valeur de revente élevée, des arguments de poids dans le paysage automobile actuel. Cependant, cette sixième génération n’est pas exempte de critiques. Au-delà de l’intérêt discutable des variantes GR Sport pour une conduite moins dynamique, la qualité décevante des matériaux intérieurs constitue un point faible face à une concurrence européenne de plus en plus soignée. Un autre exemple de voiture hybride qui mise sur la praticité et l’efficience est le Suzuki Across, un SUV hybride qui offre également de belles prestations en matière d’autonomie électrique.
Ce défaut est d’autant plus regrettable que Toyota a décidé de frapper fort sur les tarifs de cette nouvelle génération. Un RAV4 HEV deux roues motrices démarre à 46 450 €, là où un Renault Austral Hybrid E-Tech 200 ch débute à 41 900 €. Le RAV4 PHEV, lui, affiche un prix de départ de 54 450 € en traction avant, alors qu’un Hyundai Tucson Plug-in (288 ch) est proposé dès 43 350 €. Conscient de cette problématique, Toyota propose déjà une remise de 2 000 € via son configurateur en ligne. Une preuve que, malgré sa popularité incontestée, le Toyota RAV4 doit parfois adapter sa stratégie pour rester compétitif sur un marché toujours plus exigeant.








