Après une existence commerciale qui a peiné à s’affirmer, la Citroën C5 X s’est retirée du marché français avec une discrétion presque déroutante. Cette berline familiale, saluée pour son confort exceptionnel, n’aura pourtant jamais véritablement rencontré son public, laissant l’empreinte d’une ambition inachevée. Sa fabrication en Chine, loin de dynamiser ses ventes, a plutôt symbolisé une stratégie de marché qui n’a pas su trouver son équilibre, tant dans l’Hexagone que dans l’Empire du Milieu. L’absence de succession directe pour ce modèle singulier marque un tournant silencieux pour la marque aux chevrons, qui réoriente sa proposition vers des segments plus accessibles, bousculant ainsi l’image de son haut de gamme.
La Citroën C5 X, une automobile au profil atypique, s’est donc effacée du catalogue sans tambour ni trompette. Lancée en 2021, elle n’a jamais vraiment décollé en termes de ventes, culminant à un peu plus de 4 000 immatriculations en 2023, sa meilleure année. Mais dès 2026, la chute était vertigineuse, avec seulement 25 exemplaires écoulés sur les trois premiers mois. Une fin de partie inéluctable pour cette voiture qui restera comme la plus secrète et la plus inaperçue de son segment. La décision de stopper les commandes fut aussi silencieuse que sa carrière.
Le retrait discret d’une berline au positionnement unique
La fin de carrière de la Citroën C5 X s’est jouée en coulisses, loin des projecteurs habituellement braqués sur les nouveautés ou les adieux marquants du monde automobile. Cette berline au style singulier n’est plus configurable sur le site officiel de la marque, signal clair de son départ. À l’heure actuelle, seuls une douzaine de véhicules neufs subsistent en stock sur le réseau français, pour la plupart en version hybride rechargeable de 225 ch, motorisation dont la commercialisation avait déjà été interrompue depuis plusieurs semaines. On y trouve même, de manière plutôt mystérieuse et surprenante, quelques ultimes exemplaires équipés du moteur essence 1.2 Puretech de 130 ch, une mécanique qui avait pourtant cédé sa place à des variantes hybrides légères plus récentes. Cette situation illustre la manière dont le modèle a glissé vers la sortie, sans grand fracas ni annonce tonitruante, presque dans un silence révélateur de son sort commercial.

Les dernières C5 X : entre stock et occasion, un bon plan à saisir ?
Malgré cette disparition discrète du neuf, l’attrait pour la C5 X n’est pas totalement éteint, surtout si l’on se penche sur le marché de l’occasion. La décote, souvent forte pour les modèles n’ayant pas trouvé leur public en concession, rend cette berline accessible à des tarifs particulièrement intéressants. Des centaines d’exemplaires sont disponibles, principalement en versions hybrides rechargeables de 180 ou 225 ch. Ces motorisations, reconnues pour leur fiabilité et leur agrément de conduite supérieurs aux blocs essence de 130 ch ou aux premières hybrides légères, représentent une opportunité pour les amateurs de confort à moindre coût. La C5 X se distingue par un confort de roulement exceptionnel, un atout majeur qui conserve toute sa valeur sur le marché de seconde main, offrant une alternative pertinente pour ceux qui recherchent une expérience de conduite sereine sans se ruiner.
L’adieu à la production chinoise et ses implications pour Citroën
Le retrait de la C5 X du marché français marque également la fin d’une ère : celle où un constructeur français commercialisait en Hexagone un modèle fabriqué intégralement en Chine. Initialement conçue pour relancer la marque dans l’Empire du Milieu, la C5 X y a connu des débuts honorables avant de voir ses ventes s’y effacer rapidement. Ce revers commercial, tant en Chine qu’en France, a poussé Citroën à revoir sa stratégie globale, se tournant désormais vers des marchés comme l’Inde ou l’Amérique latine pour tenter d’augmenter ses volumes de vente, avec un succès encore mitigé en 2026. Cette redirection stratégique laisse un vide dans la gamme, la mission de reconquête du marché chinois revenant désormais à Peugeot. Le Lion, fort d’une nouvelle collaboration avec Dongfeng – le même partenaire qui assemblait la C5 X – se prépare à y dévoiler de nouveaux concepts lors du Salon de Pékin 2026, tentant de briser ce qui pourrait sembler une malédiction pour les constructeurs français sur ce territoire complexe. La fermeture de ce chapitre pour la C5 X souligne la difficulté de s’imposer à l’international avec un modèle au positionnement si spécifique.

La succession de la C5 X : un vide pour le haut de gamme Citroën
La question de la succession de la C5 X demeure sans réponse directe. Avec seulement 353 immatriculations enregistrées récemment en France, l’idée d’une descendance directe pour cette grande familiale ne semble pas encourager Stellantis. Le groupe a en effet assigné à Citroën la tâche de proposer les modèles les plus accessibles, plaçant la marque aux côtés de Fiat dans cette mission stratégique. La gamme Citroën est ainsi aujourd’hui coiffée par le SUV C5 Aircross, un véhicule positionné à des tarifs plus compétitifs que son cousin, le Peugeot 3008. Cette réorientation stratégique implique un éloignement des berlines traditionnelles de prestige, une catégorie dans laquelle Citroën, par le passé, a pourtant brillé avec des modèles souvent jugés avant-gardistes. Cela rappelle l’époque où des véhicules comme la Citroën TPV ou 2CV de 1939 ont marqué l’histoire de l’automobile par leur audace et leur capacité à se distinguer, bien loin de la disparition silencieuse de la C5 X. La marque privilégie désormais une approche plus pragmatique, axée sur la rationalisation et l’accessibilité, quitte à laisser derrière elle un certain pan de son histoire de constructeur de berlines innovantes.








