Audi a entamé une révision significative de sa stratégie de nommage de modèles après deux ans d’expérimentation infructueuse. Mise en œuvre en 2024, cette nouvelle approche visait à distinguer clairement les véhicules thermiques des électriques via un système basé sur des chiffres pairs pour les électriques et impairs pour les modèles thermiques. Toutefois, le retour en concession et les retours clients ont rapidement mis en lumière une confusion grandissante, poussant la marque allemande à un retour aux fondamentaux pour ses appellations emblématiques.
À l’origine, la berline familiale historique d’Audi, la célèbre A4, a vu son nom remplacé par celui de l’A5, conformément à cette stratégie. Ce changement soudain n’a pas convaincu ni les clients ni les vendeurs, souvent confrontés à des incompréhensions sur la nature des modèles proposés — berline, break ou coupé. En réaction, Audi a conservé le nom A6 pour sa nouvelle génération, délaissant l’idée de renommer ce modèle en A7 en 2025, une décision qui marque les prémices d’un retour à une nomenclature plus traditionnelle.
Révision de la stratégie de nommage chez Audi après une expérimentation difficile
Après trente années de continuité sous le sigle A4, la marque aux anneaux a tenté un bouleversement qui s’est révélé peu pertinent. Le passage à des combinations numériques arbitraires comme 35, 45, 50, et 55, couplé à une segmentation basée sur la motorisation électrique (nombre pair) ou thermique (nombre impair), a complexifié le repérage du modèle par le public. Cette confusion a été particulièrement sensible en concessions, où les échanges commerciaux ont souffert d’un déficit de clarté, s’éloignant du langage longtemps établi, efficace et reconnu par la clientèle fidèle à Audi.

L’Audi A4 retrouve son identité à l’aube de son restylage
Gernot Döllner, PDG d’Audi depuis 2023, a admis lors du salon IAA de Munich que la transformation de l’A4 en A5 constituait une erreur stratégique. Le retour à l’appellation A4 est désormais envisagé, sans toutefois précipiter cette modification afin d’éviter une confusion supplémentaire. Le moment prévu pour cette transition, signalée lors du restylage de l’actuelle génération, est situé à l’automne 2028, date où l’A5 redeviendra officiellement l’Audi A4 de sixième génération.
Cette révision ne signifie toutefois pas un abandon de l’innovation ; au contraire, une version entièrement électrique baptisée A4 e-tron doit faire son apparition à la même période. Basée sur la plateforme technique SSP, cette voiture électrique bénéficiera d’une architecture 800V, d’une batterie haute capacité et d’une charge rapide, lui permettant d’affronter directement ses rivales comme la BMW i3 ou la Mercedes Classe C EQ Technology, déjà bien implantées sur le marché.
Les enjeux pour la marque automobile allemande dans la gestion de ses modèles
La tentative d’Audi illustre les difficultés rencontrées par les constructeurs traditionnels dans l’adaptation à une offre automobile hybridée entre thermique et électrique. La gestion du nommage des modèles ne relève plus uniquement d’une question de marketing, mais impacte directement la relation client et la dynamique des ventes. La marque s’efforce aujourd’hui de revenir à une identité plus lisible tout en intégrant les nouvelles technologies, notamment via la référence à son héritage et aux attentes actuelles.
L’expérience d’Audi démontre qu’une stratégie trop théorique peut se heurter à la réalité du marché, où la clarté et la reconnaissance sont essentielles. La révision en cours reflète une volonté forte d’aligner l’image de la marque avec les exigences des consommateurs électriques tout en conservant une continuité historique appréciée. Cela confère à la démarche une double dimension : respect des traditions et adaptation aux enjeux d’une stratégie commerciale en constante évolution.










