En tentant d’exploiter les difficultés techniques du moteur 1.2 PureTech pour booster ses ventes, BYD s’est heurté à un obstacle majeur en 2026. Le constructeur chinois avait lancé en Italie une campagne commerciale agressive ciblant implicitement ce moteur à courroie à bain d’huile, utilisé notamment par Stellantis. Cette opération, baptisée « Purefication », proposait des remises aux propriétaires de véhicules équipés de ce type de moteur. Pourtant, l’initiative a vite été stoppée par une interdiction fondée sur des accusations de concurrence déloyale et de pratiques commerciales trompeuses, suite à une plainte déposée par Stellantis. Ce dernier, après des années marquées par des problèmes de fiabilité avec le PureTech, obtient ainsi une victoire symbolique pour protéger sa propriété intellectuelle et défendre la crédibilité de sa technologie automobile.
En bref :
- BYD a été interdit en Italie d’utiliser sa campagne marketing visant le moteur 1.2 PureTech.
- La plainte de Stellantis s’est appuyée sur des accusations de concurrence déloyale et de publicités trompeuses.
- Le moteur PureTech à courroie à bain d’huile, au cœur de l’affaire, a terni la réputation du groupe Stellantis depuis plusieurs années.
- Malgré une amélioration significative des garanties et services après-vente, la défiance persiste chez certains clients.
- BYD, encore jeune sur le marché européen, doit désormais prouver la fiabilité et l’innovation de sa gamme pour asseoir sa position dans cette industrie automobile ultra-compétitive.
Interdiction en Italie : BYD sanctionné pour concurrence déloyale liée au moteur PureTech
L’opération de BYD ciblait clairement le moteur 1.2 PureTech, connu pour sa distribution à courroie à bain d’huile, un système particulièrement controversé. Ce moteur, célèbre pour ses soucis de fiabilité, est présent dans plusieurs modèles Peugeot jusqu’à fin 2025. En tirant profit de ces faiblesses dans une campagne directement adressée aux propriétaires italiens, BYD a franchi la ligne rouge de la réglementation publicitaire. Le verdict prononcé souligne que les communications de BYD ont enfreint les normes nationales relatives à la diffamation et à la publicité comparative déloyale, mettant en lumière les enjeux cruciaux autour de la protection de la propriété intellectuelle et des licences détenues par Stellantis. La fin de cette licence pour exploiter cette technologie sous cette forme marque un tournant dans la concurrence sur le segment des moteurs thermiques.

Les efforts de Stellantis pour restaurer la confiance malgré le passé trouble du PureTech
Face aux retombées médiatiques négatives, Stellantis a mis en place plusieurs mesures pour redorer le blason du PureTech. L’instauration d’une garantie étendue à 10 ans ou 180 000 km pour ce moteur montre une volonté claire d’innovation au service du client. En parallèle, une plateforme dédiée à l’indemnisation a vu le jour, renforçant ainsi le suivi après-vente et limitant la défiance persistante malgré une augmentation notable des taux de satisfaction. Selon la dernière enquête SAV, Peugeot progresse de 75 % à 87 % de satisfaction, un progrès important mais qui souligne que le chantier de la confiance reste ouvert. Cette stratégie illustre comment une industrie automobile peut transformer une crise technique en opportunité d’amélioration.
BYD face à l’enjeu de la fiabilité et de l’innovation dans un marché européen mature
La rapide montée en puissance de BYD en Europe impose au constructeur chinois de s’inscrire dans une dynamique d’innovation durable. Bien que la marque propose déjà des garanties attractives sur ses véhicules électriques et hybrides rechargeables – six ans ou 150 000 km, voire huit ans pour ses batteries – la pression est forte pour assurer un suivi exemplaire et une disponibilité optimale des pièces. L’expérience de la marque MG auparavant montre que la performance commerciale ne suffit pas sans un service après-vente solide. BYD doit évoluer en conciliant technologie automobile de pointe et exigences accrues des consommateurs européens. Son positionnement dans un contexte de licence expirée pour exploiter des moteurs traditionnels invite également à privilégier un virage résolu vers l’électrification et l’innovation technique.

L’impact de l’interdiction sur la stratégie commerciale et la concurrence dans l’industrie automobile
Cette décision de justice en Italie réaffirme la vigilance autour de l’utilisation de la propriété intellectuelle et des licences dans le secteur automobile. BYD, récemment mis devant un coup d’arrêt, doit désormais repenser sa communication et ses leviers de croissance, notamment dans la bataille pour s’imposer face aux géants historiques. L’industrie automobile en 2026 reste profondément marquée par les enjeux d’image liés à la fiabilité et à l’éthique commerciale. Cette affaire illustre combien les technologies automobiles et leur exploitation doivent se faire dans le respect des règles pour garantir une concurrence saine et bénéfique à l’innovation. Les futures campagnes de BYD, pour être efficaces, devront miser sur des arguments solides et éthiques pour conquérir durablement un marché européen de plus en plus exigeant.








