L’horizon 2028 s’annonce comme le théâtre d’une nouvelle ère dans l’industrie automobile, marquant un véritable face-à-face entre deux philosophies distinctes. D’un côté, la résurrection mythique de la Citroën 2CV, réinventée en véhicule électrique, et de l’autre, l’audacieuse Dacia Hipster, concept promesse d’une mobilité abordable et moderne. Cette confrontation, loin d’être anecdotique, symbolise un glissement majeur vers des voitures électriques minimalistes et accessibles, défiant le marché avec un objectif commun : un prix sous la barre symbolique des 15 000 €. Pendant que le reste de la gamme Citroën s’est orienté vers les SUV, se rapprochant par son style des propositions de Dacia, le véritable duel se prépare dans le segment des citadines électriques. C’est une question de vision pour l’automobile de demain, où l’héritage d’une époque rencontre l’esprit pragmatique du futur.
En bref : Le duel électrique en préparation
La Citroën 2CV et la Dacia Hipster sont attendues sur le marché des petites citadines électriques d’ici 2028, avec un tarif cible inférieur à 15 000 €.
Ces véhicules préfigurent une nouvelle catégorie de voitures compactes, n’excédant pas 3,80 m de long et une tonne de poids, batteries incluses.
La réglementation distinguera les modèles M0 (jusqu’à 54 ch, sans normes de sécurité GSR2 de 2024, interdiction autoroute) des M1 ASEV (jusqu’à 68 ch, 110 km/h, autoroute autorisée, aides à la conduite).
La production de la Citroën 2CV, ainsi que ses sœurs techniques Fiat et Opel, est annoncée en Italie, tandis que l’assemblage de la Dacia Hipster est envisagé en Chine, révélant des stratégies industrielles divergentes.
La dynamique actuelle : une rivalité latente entre Citroën et Dacia
L’industrie automobile est un échiquier où chaque mouvement compte, et la dynamique entre Citroën et Dacia illustre parfaitement cette complexité. Actuellement, la confrontation directe est plus nuancée qu’il n’y paraît. Prenons l’exemple du SUV C3 Aircross qui, avec ses 4,39 m de long, s’inscrit dans un segment similaire au Dacia Duster (4,34 m). Pourtant, le modèle orné du double chevron déploie une offre bien plus large, intégrant des motorisations thermiques, hybrides et 100% électriques, avec des configurations à 5 ou 7 places. En face, Dacia, pour le transport de troupe, mise sur le Jogger de 4,55 m, et l’électrique n’est pas encore au programme pour ces gabarits, patientant pour les futures générations de véhicules.
Le face-à-face n’est donc pas encore total sur ce segment. Les prix d’entrée témoignent également de positionnements légèrement différents : un Citroën C3 Aircross débute à 17 990 € en finition You avec le moteur 1.2 turbo essence de 100 ch, tandis que le Dacia Duster commence à 19 900 € en finition Essential avec le moteur Eco-G de 120 ch. Une inversion de tendance s’observe sur les segments inférieurs, où la C3 démarre à 15 990 € et la Sandero à 13 290 €. Ces stratégies tarifaires et de gammes distinctes montrent que si la proximité de style est de plus en plus marquée, notamment avec l’orientation SUV de la quasi-totalité de la gamme Citroën, le véritable assaut n’a pas encore eu lieu.
Le grand basculement de 2028 : la 2CV électrique face au Hipster de Dacia
La véritable ligne de front se dessinera en 2028, lorsque les « E-car » transformeront le paysage de l’automobile citadine. Le marché accueillera alors la Citroën 2CV réinventée et la version de série du concept Dacia Hipster, avec un objectif clair : proposer des voitures électriques sous les 15 000 €. Cette initiative est une réponse directe à la demande croissante pour une mobilité urbaine zéro émission, accessible au plus grand nombre. La 2CV électrique, par son nom, évoque une certaine nostalgie d’une époque révolue tout en embrassant pleinement la modernité électrique, un pari audacieux sur le style et l’héritage.
Le positionnement de ces deux futures stars est stratégique : la Citroën 2CV viendra s’intercaler dans la gamme entre l’Ami et l’ë-C3, offrant une option intermédiaire pour les citadins. De son côté, la Dacia Hipster se positionnera comme l’entrée de gamme sous la Spring, renforçant l’image de la marque roumaine comme championne du prix. Le cahier des charges de ces micros citadines branchées est rigoureux : un format maximal de 3,80 m de long et un poids total, batterie comprise, ne dépassant pas la tonne. Il est passionnant de voir comment les constructeurs s’adaptent, comme en témoignent les innovations constantes dans les véhicules hybrides, à l’image des récents développements sur le Jeep Avenger restylé.
Motorisations et Réglementations : les clés de la polyvalence
Le choix de l’électromoteur pour ces nouvelles voitures électriques sera crucial et s’articulera autour de deux catégories réglementaires distinctes : M0 ou M1 ASEV. Pour la catégorie M0, la puissance ne dépassera pas 54 ch. Ces véhicules ne seront pas soumis aux normes de sécurité GSR2 entrées en vigueur à l’été 2024, mais resteront sous la réglementation de 2018, ce qui implique une restriction de circulation sur les autoroutes. Cette option est idéale pour une utilisation purement urbaine, minimisant les coûts de production et le prix final.
En revanche, les modèles de la catégorie M1 ASEV pourront atteindre une puissance maximale de 68 ch. Leur vitesse de pointe sera bridée à 110 km/h, autorisant leur circulation sur autoroute et intégrant des aides à la conduite en matière de sécurité active. Ce segment vise une clientèle souhaitant une plus grande polyvalence et une sécurité accrue, tout en conservant l’esprit compact. La décision de Stellantis de fabriquer sa Citroën 2CV, ainsi que ses jumelles techniques Fiat et Opel, en Italie, sur le site de Pomigliano d’Arco, souligne l’importance stratégique de cette nouvelle gamme. Quant à la Dacia Hipster, l’industrialisation en Chine est une piste sérieuse, témoignant d’une approche globale pour réduire les coûts. Cette quête d’efficacité et de compétitivité est une constante dans l’industrie, comme on l’observe avec les nombreuses concurrentes des modèles Corsa et DS.









