La Toyota GR Supra a marqué un retour fracassant sur la scène automobile, captivant les puristes et élargissant son public grâce à l’introduction d’une version plus accessible. Alors que les ventes de ce coupé sportif japonais ont connu un essor notable en 2020, notamment grâce à l’arrivée du modèle 2.0 litres, une question persistait : cette variante d’entrée de gamme parvient-elle à conserver l’essence même de la Supra ? Pour trancher ce débat enflammé entre passionnés, un duel s’imposait, confrontant la fougue du six cylindres à la maîtrise du quatre cylindres. Ce face-à-face a mené nos deux bolides à travers les routes sinueuses des environs de Dreux et sur le tracé exigeant du circuit de l’Ouest Parisien en Eure-et-Loir, un terrain de jeu idéal pour sonder l’âme véritable de chaque Toyota GR Supra. La mission était claire : déterminer si la « petite » sœur pouvait rivaliser avec la « grande » en termes de sensations, de performance et de pure sportivité, tout en tenant compte des aspects pratiques et financiers.
En bref : la comparaison entre la GR Supra 2.0 et la GR Supra 3.0 révèle des différences cruciales au-delà de la simple puissance. La version 3.0 litres, forte de son six cylindres turbo de 340 chevaux et 500 Nm, affiche une accélération de 0 à 100 km/h en 4,3 secondes. Son homologue 2.0 litres, propulsée par un quatre cylindres turbo de 258 chevaux et 400 Nm, est plus légère de 100 kg, atteignant 100 km/h en 5,2 secondes. Malgré un habitacle identique, la 3.0 litres bénéficie d’amortisseurs plus sophistiqués offrant un meilleur confort au quotidien, mais doit composer avec un malus écologique plus élevé de 8 000 euros contre 3 300 euros pour la 2.0 litres. Sur piste, la légèreté de la 2.0 litres lui confère une agilité supérieure, tandis que le six cylindres de la 3.0 litres séduit par sa sonorité et son tempérament plus GT. La maîtrise du poids sur le 2.0 litres rend la sportive plus incisive en virage, bien que la puissance brute de la 3.0 litres permette des sorties de courbe plus franches.
Toyota GR Supra : l’évolution d’une icône sportive
La résurrection de la Toyota GR Supra a ravivé la flamme des passionnés, prouvant que ce coupé emblématique avait toujours sa place dans le paysage automobile. Dès 2020, un an seulement après son retour, elle est devenue le seul modèle Toyota à afficher une progression significative de ses ventes, un exploit largement attribuable à l’introduction de la version 2.0 litres. Cette stratégie visait à rendre la sportive plus accessible, élargissant ainsi son cercle d’admirateurs. Toutefois, cette diversification a soulevé des questions légitimes : la version quatre cylindres conserve-t-elle l’ADN puriste de la Supra ? Quels compromis doit-on accepter face à la noblesse du six cylindres ? Ce sont ces interrogations fondamentales qui ont motivé ce duel au sommet, non pas contre une rivale extérieure, mais entre deux facettes de la même légende, afin de révéler la véritable valeur de chaque proposition. Après tout, pour mieux comprendre une Supra, quoi de mieux que de la confronter à une autre Supra ?

Chiffres et caractéristiques : le cœur du duel
Au cœur de cette confrontation se trouvent deux mécaniques distinctes, chacune avec sa propre philosophie. La GR Supra 3.0, identifiable par sa teinte jaune éclatante, embarque un six cylindres en ligne 3.0 litres turbo d’origine BMW, délivrant une puissance de 340 chevaux et un couple impressionnant de 500 Nm. Une véritable force de la nature, conçue pour des sensations intenses. Face à elle, la « petite » GR Supra 2.0, d’un blanc immaculé, dissimule sous son capot un quatre cylindres 2.0 litres turbo, développant 258 chevaux et 400 Nm de couple. Si ces chiffres sont moins exubérants, un avantage de taille pour le modèle 2.0 litres réside dans son poids : allégée de 100 kg par rapport à sa sœur, elle promet une agilité accrue, un atout non négligeable, surtout lorsqu’il s’agit d’affronter la piste. Il est également crucial de noter que la version Fuji Speedway de la 2.0 litres, mise en lumière lors de notre essai, bénéficie d’équipements spécifiques, tels qu’un différentiel à glissement limité. Ces détails techniques sont autant d’éléments qui peuvent faire basculer l’équilibre dans ce match de la performance.
L’expérience de conduite : entre rugissement et agilité
L’identité d’une sportive ne se résume pas à ses fiches techniques ; elle s’éprouve au volant, sur route comme sur circuit. En matière de sonorité, le verdict est sans appel : le six cylindres de la GR Supra 3.0 offre un registre plus mélodieux et rauque, une véritable symphonie mécanique qui flatte l’oreille. Stéphane, au volant de la 2.0 litres, a d’ailleurs admis une pointe de jalousie face à ce chant envoûtant. Cependant, le quatre cylindres turbo de la 2.0 litres n’est pas en reste. Avec un couple disponible dès 1 500 tr/min et une poussée linéaire jusqu’à 6 200 tr/min, il assure une dynamique suffisante pour un plaisir de conduite intense. La maîtrise de ce bloc permet de s’amuser pleinement, rendant la version Fuji Speedway étonnamment homogène sur les routes sinueuses. Au-delà du son, la 3.0 litres propose un confort légèrement supérieur, grâce à des amortisseurs plus sophistiqués, gérant mieux le poids supplémentaire et offrant une conduite plus douce au quotidien. C’est un argument de taille pour ceux qui envisagent une utilisation plus polyvalente de leur Toyota GR Supra.
Le défi du circuit : agilité contre puissance pure
Sur le tarmac du circuit, les cartes sont redistribuées. La GR Supra 2.0 révèle toute son agilité. Les 100 kilos en moins se traduisent par une sensation de légèreté et une précision de manipulation accrue, permettant des entrées en virage plus incisives et des passages en courbe à des vitesses surprenantes. Ce tempérament plus radical fait de la 2.0 litres une véritable artiste du tracé, capable de suivre une trajectoire parfaite avec une déconcertante facilité. La GR Supra 3.0, avec ses 80 chevaux supplémentaires, prend l’avantage en sortie de courbe et sur les lignes droites, mais son poids plus conséquent exige des freinages plus appuyés et une entrée en virage plus mesurée. Le risque de sous-virage est plus présent, nécessitant une technique de pilotage plus fine, parfois même un coup de gaz pour transformer habilement ce sous-virage en survirage contrôlé. La version Fuji Speedway et son différentiel à glissement limité se montrent particulièrement efficaces pour les glisses, à condition d’appliquer les bonnes techniques de transfert de charge. Là où la 3.0 litres pourrait fatiguer ses suspensions et son système de freinage plus rapidement lors d’une session intense, la 2.0 litres fait preuve d’une endurance remarquable, soulignant sa nature de sportive équilibrée. Le choix entre une GT joueuse et une agile bête de piste dépendra des préférences de chaque pilote, mais il est clair que les deux modèles sont de véritables Supra dans l’âme.

Coût et passion : faire le bon choix
L’aspect financier joue naturellement un rôle dans la décision d’acquérir une Toyota GR Supra. L’écart de prix de base entre la 2.0 litres et la 3.0 litres est d’environ 12 000 euros. Cependant, des modèles comme la version Fuji Speedway de la 2.0 litres, mieux équipée, peuvent réduire cet écart à seulement 7 000 euros par rapport à une 3.0 litres haut de gamme. Un point crucial à considérer en 2026 reste le malus écologique. Le six cylindres de la 3.0 litres est pénalisé par un malus d’environ 8 000 euros, tandis que le quatre cylindres de la 2.0 litres est plus clément avec environ 3 300 euros. Cet écart réduit significativement le surcoût initial de la 3.0 litres, rendant la comparaison tarifaire plus complexe. Sur le plan de la consommation, en conduite sportive, les deux modèles dépassent allègrement les 15 litres aux 100 km. Cependant, en adoptant une conduite plus mesurée, la 2.0 litres affiche une consommation inférieure d’environ un litre aux 100 km, un détail qui pourrait peser pour certains. L’intérieur reste scrupuleusement identique entre les deux versions, héritage de leur base technique commune avec la BMW Z4. Finalement, la décision entre ces deux sportives dynamiques se fera sur un subtil équilibre entre la passion pour le rugissement du six cylindres et la recherche d’une agilité maximale avec la maîtrise du quatre cylindres, sans oublier le budget global.








