Chaque nouvelle apparition d’une berline française haut de gamme relance le débat éternel : peut-elle enfin rivaliser avec l’hégémonie des constructeurs allemands ? C’est la question qui brûle les lèvres en 2026, alors que la DS 9 s’impose comme l’ambassadrice du luxe tricolore, osant défier une institution comme la Mercedes Classe E. Longtemps, nos productions nationales ont peiné à s’affirmer sur ce segment ultra-compétitif, marquant les esprits par des ambitions techniques parfois malmenées par les aléas de l’industrialisation. Pourtant, l’époque des fiertés comme la Citroën XM ou la Peugeot 605, capables de tenir tête aux BMW Série 5 et Mercedes 300 E de leur temps, n’est pas si lointaine. Aujourd’hui, DS Automobiles, en se positionnant comme un constructeur premium distinct, se lance dans cette bataille des routines confortables, ultra-techno et raffinées. La Classe E, pilier intouchable et reine incontestée des ventes dans sa catégorie, représente l’adversaire de taille. Mais la DS 9, assemblée en Chine pour un marché mondial et prioritairement asiatique, débarque avec des arguments solides pour bousculer les conventions et offrir une véritable alternative française.
Le match est lancé, et il s’annonce palpitant. Au-delà des chiffres de vente historiques, ce comparatif vise à décortiquer si l’audace et le design distinctif de la DS 9 peuvent enfin ébranler la forteresse allemande, en mettant en lumière les forces et faiblesses de chacune, du confort princier à la technologie embarquée, en passant par les performances sur route. La voiture française saura-t-elle prouver qu’elle a le raffinement et l’ingénierie nécessaires pour s’imposer face à la voiture allemande, dont l’aura est indéniable ?
En bref : La DS 9 se distingue par un confort de roulement ultra-feutré et une habitabilité arrière généreuse, presque digne d’une Classe S, surpassant sur ce point la Mercedes Classe E. Son approche hybride rechargeable, notamment l’E-Tense 225, offre une discrétion sonore et une gestion fluide. Côté tarifs, à équipement comparable, la berline française affiche un avantage significatif dès le départ. La Classe E, en revanche, brille par une qualité de construction irréprochable, une technologie embarquée avant-gardiste, notamment son système MBUX et son GPS à réalité augmentée, et des motorisations diesel d’une efficacité redoutable sur longs trajets. Malgré son ancienneté technique, la voiture allemande maintient une image de prestige inégalée et une offre moteur plus diversifiée. Ce comparatif révèle que la DS 9 tient la dragée haute sur l’agrément de conduite et le bien-être à bord, tandis que l’icône allemande garde l’avantage sur la perception de qualité globale et l’innovation technologique.
La DS 9 face à la Mercedes Classe E : une confrontation stylistique des berlines premium
Le premier contact visuel entre la DS 9 et la Mercedes Classe E révèle des philosophies esthétiques différentes, mais toutes deux ancrées dans le segment des berlines haut de gamme. La DS 9 séduit par une silhouette élancée et un gabarit qui, visuellement, la fait paraître plus imposante que sa rivale allemande. Avec une largeur de 1,93 m due à ses ailes avant massives, elle se démarque des 1,85 m de la Classe E, bien que leurs longueurs respectives de 4,93 m soient identiques. Son design est un savant mélange de classicisme et de détails travaillés, évitant les extravagances parfois rencontrées chez DS par le passé. Les optiques arrière, les joncs de chrome disséminés, tout concourt à une élégance certaine, pensée pour une clientèle conservatrice en quête de raffinement.
Face à elle, la Mercedes Classe E incarne l’archétype de la grande routière allemande. Son profil tricorps est plus marqué, ultra-conventionnel, mais doté d’une finition AMG Line, l’effet est indéniable, conférant à la voiture une présence athlétique. En version Avantgarde Line, l’allure est plus bourgeoise, mais toujours empreinte de cette élégance intemporelle qui fait la réputation de la marque. Si la DS 9 tente de forger son propre prestige, la Classe E bénéficie d’une aura et d’une histoire que peu de véhicules peuvent égaler. Cependant, la DS 9 ne manque pas de clin d’œil, comme ses répétiteurs en haut du montant C, évoquant un certain héritage, même si certains jugeront l’analogie un peu courte. La quête de la voiture française pour une identité propre et reconnaissable face à l’icône allemande est une démarche fascinante.

Habitacle : le luxe sensoriel français contre la rigueur technologique allemande
L’entrée à bord de ces deux berlines révèle des approches distinctes en matière de luxe et de technologie embarquée. La DS 9 déploie un véritable arsenal pour impressionner, surtout dans sa version Rivoli+ avec l’option « Opéra » incluant un cuir étendu rouge sombre surpiqué et un ciel de toit Alcantara. Le parti pris est clairement celui des fioritures soignées : une montre BRM qui pivote, des motifs géométriques sur les commandes de la console, des inserts décoratifs omniprésents. Les poignées de maintien et le centre du volant sont même habillés de cuir, laissant peu de place aux plastiques apparents, qui, il faut l’admettre, ne sont pas toujours du meilleur effet, notamment au niveau des aérateurs. L’habitacle de la DS 9 mise sur un raffinement presque baroque, une expérience sensorielle où chaque détail est conçu pour flatter l’œil et le toucher, même si l’ergonomie peut parfois se montrer brouillonne.
En face, la Mercedes Classe E propose un mobilier moins exubérant mais d’une qualité perçue d’une constance remarquable. Les ajustements sont millimétrés et les matériaux utilisés maintiennent une qualité élevée sur l’ensemble de l’habitacle. La Classe E reste une référence en matière de construction et de finition sur le marché des berlines. Technologiquement, elle prend une longueur d’avance avec son impressionnante double dalle numérique, des affichages clairs et une interface média autrement plus moderne que celle de la DS 9. Le système MBUX de Mercedes est en pointe, offrant des fonctions avancées comme l’affichage et la réalité augmentée du GPS sur l’écran central, une rareté. Si la DS 9 pèche par une ergonomie parfois complexe et l’absence d’affichage tête haute ou de fonctions d’intelligence artificielle avancées, la Classe E prouve qu’elle est une bête de technologie, offrant une expérience utilisateur intuitive et riche. Ce n’est pas pour rien que les berlines allemandes sont souvent considérées comme des laboratoires technologiques.
Confort et habitabilité : l’art de l’accueil à la française contre l’efficience allemande
Dans la bataille pour le confort et l’espace à bord, la DS 9 marque des points cruciaux. Elle offre une habitabilité arrière remarquable, avec un espace aux jambes gigantesque, presque comparable à celui d’une Classe S, malgré un empattement légèrement plus court (2,90 m contre 2,94 m pour la Classe E). L’implantation de l’habitacle de la voiture française, plus avancée, permet cette générosité. La banquette arrière de la DS 9 est également plus confortable, avec une assise plus longue et moins plate que celle de la Mercedes Classe E, offrant un accueil présidentiel. Voyager à l’arrière d’une Classe E n’est pas désagréable, loin de là : la largeur est respectable et la garde au toit importante. Cependant, l’espace aux genoux est plus conventionnel et le tunnel de transmission entrave sérieusement la place centrale, rendant le voyage moins aisé pour un troisième passager. Les plus grands devront se pencher pour s’installer à l’arrière de la DS 9 à cause du toit plongeant, mais une fois à l’intérieur, le confort de sellerie est de premier ordre.
Concernant le volume de chargement, la Classe E dispose d’une soute légèrement plus vaste (540 litres pour la E 220d contre 510 litres pour la DS 9 E-Tense 225) et plus facile d’accès grâce à une ouverture plus large et un seuil plus bas. Un détail non négligeable : la DS 9 maintient un volume de coffre identique pour ses versions thermiques et hybrides rechargeables, ce qui n’est pas le cas de la Classe E. La berline allemande perd environ 170 litres en version hybride, avec une marche gênante au milieu du coffre. Pour ceux qui ont besoin de plus d’espace en PHEV, il faut alors se tourner vers le break Classe E, une option que DS ne propose pas. En somme, la DS 9 remporte l’avantage global pour son sens de l’accueil et l’absence de compromis sur le volume de coffre en hybride rechargeable, un atout majeur pour les familles ou les professionnels sur le long terme.
Dynamique de conduite : la philosophie des motorisations et le comportement routier
Le choix des motorisations entre la DS 9 et la Mercedes Classe E illustre des stratégies bien définies. La DS 9 mise presque exclusivement sur l’hybride, avec une offre principalement E-Tense (le Puretech 225 étant l’unique essence classique). La Classe E, quant à elle, propose un éventail plus large, incluant des motorisations essence, hybrides et, fait notable, toujours des Diesel, un carburant souvent décrié mais dont l’efficacité sur de longs trajets est indéniable pour ces grands gabarits. Mercedes excelle d’ailleurs dans les moteurs Diesel ultra-sobres, comme l’illustre la E 220d.
Sous le capot de la E 220d, on retrouve le 4 cylindres 2 litres de 194 ch, fort de 400 Nm de couple dès 1 600 tr/min, associé à l’excellente boîte 9G-Tronic. Il offre douceur de marche et des performances énergiques, avec un 0 à 100 km/h en 7,4 secondes. Cependant, ces qualités sont parfois tempérées par les grondements du Diesel lors de fortes accélérations, même si l’isolation reste d’un très bon niveau. Côté consommation, la E 220d reste imbattable avec une moyenne relevée d’environ 6 l/100 km, idéale pour les avaleurs de kilomètres, un avantage clair pour la voiture allemande sur les longs parcours autoroutiers.
La DS 9 E-Tense 225 propose une expérience différente : le silence. Même après avoir vidé sa batterie de 11,9 kWh, offrant environ 40 km d’autonomie électrique, le système hybride reste remarquablement discret. Le petit 4 cylindres 1,6 litre se fait oublier, y compris en forte relance. La gestion du système est fluide et sans brutalité, procurant un agrément de conduite indéniable. Les performances sont confortables, mais légèrement en retrait de la Mercedes (0 à 100 km/h en 8,3 secondes), avec un couple combiné de 360 Nm. Si les 1,5 l/100 km annoncés en cycle WLTP sont virtuellement réalisables avec une recharge systématique, un trajet autoroutier de 300 km nous a plutôt donné une moyenne de 7,5 l/100 km, ce qui reste très honorable pour une berline hybride rechargeable de cette taille. L’agrément mécanique penche globalement en faveur de la voiture française, notamment pour sa discrétion et la douceur de son fonctionnement.
Sur la route, la DS 9 se distingue par son confort de roulement ultra-feutré et filtré, un cran au-dessus de la Classe E. Même si la configuration AMG Line de la Mercedes, avec ses jantes de 20 pouces et son châssis sport, ne lui rend pas justice, la suspension pilotée de la DS 9 s’impose. Malgré un poids légèrement supérieur (1 839 kg contre 1 750 kg), la DS 9 paraît étonnamment plus vive que la Classe E, dont le comportement est plus clinique, précis et verrouillé. Si la Mercedes manque d’un agrément moteur plus marqué dans ces versions modestes, la victoire au volant en termes de sensations et de bien-être revient à la DS 9, prouvant que la voiture française a su maîtriser l’art de la grande routière confortable. Un duel de routières où le raffinement tricolore se mesure à la rigueur d’outre-Rhin.

Le facteur prix : un comparatif financier déterminant pour les berlines premium
Le facteur financier est souvent la clé de voûte de tout comparatif dans le segment premium. À première vue, les tarifs de la DS 9 et de la Mercedes Classe E sont étonnamment proches. La voiture française, en version E-Tense 225 Rivoli+, est affichée à 58 900 €, tandis que la E 220d AMG Line débute à 59 950 €. Un écart de 1 000 € en faveur de la DS 9, certes mince à ce niveau de prix, mais qui s’accroît rapidement lorsqu’on compare les équipements de série. La DS 9 est plus richement dotée d’emblée, intégrant des aides à la conduite semi-autonomes de niveau 2 et une interface smartphone complète. Sur la Mercedes, ces options demandent des suppléments de 1 750 € et 550 € respectivement, creusant l’avantage de la DS 9 en matière de rapport prix/équipement.
Cependant, si l’on monte en gamme vers des motorisations hybrides rechargeables comparables, le verdict doit être nuancé. La version la plus huppée de la DS 9, l’E-Tense 360 ch à quatre roues motrices, se positionne à 67 500 €. Elle fait face à une E 300e équivalente, qui peut être environ 3 000 € moins chère. L’écart de prix pour la DS 9 se justifie par la présence d’une transmission intégrale (un moteur électrique couplé au train arrière) et une puissance supérieure (360 ch pour la DS 9 contre 320 ch pour la Mercedes E 300e), sans oublier un équipement généralement plus généreux. Néanmoins, les PHEV de Mercedes sont réputés parmi les plus aboutis du marché, et l’agrément ainsi que l’efficacité énergétique pencheront en faveur d’une Classe E ainsi gréée, comme le montre un comparatif vidéo approfondi. Le choix entre ces deux berlines premium dépendra donc des priorités de chacun, entre une française au raffinement atypique et une allemande à la technologie éprouvée et à l’image indéfectible.







