La course à l’électrique est plus intense que jamais, et la Xpeng P7+ débarque en 2026 avec l’ambition de redéfinir les standards de la berline grand tourisme. Face à une concurrence féroce, cette nouvelle venue chinoise ne joue pas la carte de la discrétion, affichant des dimensions généreuses et une fiche technique prometteuse. Mais au-delà des chiffres impressionnants en matière de charge ultrarapide et de consommation optimisée, la question brûle les lèvres des passionnés de voiture électrique : cette Xpeng P7+ a-t-elle réellement ce qu’il faut pour s’imposer comme la championne des longues distances et transformer l’expérience de la mobilité durable ? Son approche audacieuse pourrait bien changer la donne pour les conducteurs exigeants.
EN BREF
La Xpeng P7+ redéfinit le voyage électrique avec une charge ultrarapide pouvant atteindre 446 kW.
Elle offre une autonomie longue distance impressionnante, allant jusqu’à 530 km selon la norme WLTP.
Son tarif de départ se positionne de manière compétitive à partir de 45 990 €.
La Xpeng P7+ : une berline électrique aux ambitions démesurées
Connue pour ses SUV audacieux comme les G6 et G9, la marque chinoise Xpeng franchit un nouveau cap en 2026 avec l’arrivée sur le marché européen de sa grande berline, la P7+. Bien que présentée au Mondial de Paris en 2024, cette version allongée de la P7i, déjà prisée en Chine depuis 2020, fait sensation par ses dimensions. Elle s’étire sur 5,07 mètres de long, avec un empattement de 3,00 mètres, rivalisant ainsi avec des gabarits de prestige.
Ces mensurations imposantes n’empêchent pas la Xpeng P7+ d’afficher une performance énergétique remarquable. Son coefficient de traînée (Cx) de seulement 0.21 la place parmi les références, réduisant significativement la résistance à l’air. Résultat : une consommation optimisée qui étonne. La version de base, la Standard Range Pro, équipée d’une batterie LFP de 61,7 kWh bruts, annonce une consommation de 15,2 kWh/100 km, offrant une autonomie WLTP de 455 km. C’est un chiffre intéressant, mais ce qui la distingue vraiment, c’est sa capacité à la recharge ultra-rapide.
Grâce à son chargeur de 350 kW, la P7+ Standard Range Pro peut récupérer 10 % à 80 % de sa batterie en seulement 12 minutes. Cela représente près de 318 km d’autonomie théorique retrouvée, une prouesse qui relativise l’importance de la taille brute des accumulateurs. Qui aurait cru qu’une simple pause-café suffirait à relancer un long voyage ? La technologie automobile au service de l’efficacité, c’est ça.

Architecture 800V : le secret d’une autonomie longue distance sans stress
L’innovation ne s’arrête pas là. Les variantes Long Range Pro et Performance Pro de la Xpeng P7+ poussent encore plus loin les limites de la recharge rapide. Ces modèles bénéficient d’une batterie de 74,9 kWh bruts et d’un chargeur encore plus puissant, atteignant 446 kW. Là encore, la charge de 10 % à 80 % est expédiée en 12 minutes, mais l’impact sur l’autonomie longue distance est cette fois-ci monumental. Pour la Long Range Pro, cela se traduit par environ 370 km récupérés sur la route, tandis que la Performance Pro s’offre près de 350 km supplémentaires.
Ces chiffres sont d’autant plus impressionnants que la consommation reste maîtrisée : 16,4 kWh/100 km pour la Long Range Pro (530 km d’autonomie maximale) et 17,4 kWh/100 km pour la Performance Pro (500 km d’autonomie maximale). La perspective de longs trajets sans l’angoisse de la borne se concrétise avec cette berline qui s’inscrit pleinement dans l’ère de la mobilité durable. Les modèles Standard Range Pro et Long Range Pro, des propulsions de 245 ch et 313 ch respectivement, offrent des performances agréables pour des masses raisonnables (1 999 kg et 2 100 kg), avec des 0 à 100 km/h en 6,9 s et 6,2 s.
Quant à la Performance Pro, elle est une véritable bête de course. Dotée de quatre roues motrices grâce à un deuxième moteur de 190 ch sur le train avant, elle affiche une puissance cumulée de 503 ch. Malgré un poids de 2 177 kg, le 0 à 100 km/h est abattu en un éclair, en seulement 4,3 secondes. Toutes les versions de la Xpeng P7+ profitent d’un amortissement piloté et de la fonction V2L (Vehicle to Load), permettant de charger des appareils tiers. Pour en savoir plus sur cette rivale chinoise et son positionnement tarifaire.
Un habitacle spacieux mais exigeant : l’expérience utilisateur au banc d’essai
S’installer à bord de la Xpeng P7+ sous le doux soleil barcelonais de 18°C est une expérience mitigée. Le design extérieur, bien que mélangeant diverses influences, manque d’une personnalité vraiment marquée à l’avant, tandis que l’arrière se montre plus audacieux. L’intérieur, lui, s’inspire clairement de l’école Tesla, avec un grand écran tactile centralisant presque toutes les commandes. Cette approche épurée, sans boutons physiques (hormis ceux des vitres), est moderne, mais peut s’avérer frustrante.
L’écran central, bien que de bonne définition, manque de réactivité et ses menus ne sont pas toujours intuitifs, parfois à cause de polices de caractères trop petites. C’est un point à améliorer pour une voiture électrique de ce calibre. Cependant, la possibilité de personnaliser la barre des tâches, tel un ordinateur, est un atout appréciable, même si faire défiler les affichages du bout du doigt en roulant est une acrobatie à éviter. Les rangements abondent dans la console centrale et sous celle-ci, avec des ports USB et un double chargeur à induction ventilé pour smartphones, bien plus efficace que celui du G9 de 2024.
La finition générale est d’un très bon niveau, bien que les plastiques du bas de la planche de bord trahissent une certaine économie, un défaut que la Xpeng G9 avait pourtant su éviter. L’absence d’écran passager, qui pourrait décevoir les amateurs de gadgets, est perçue par d’autres comme un choix judicieux, évitant la surcharge visuelle. Mais le véritable atout de cette berline réside sans conteste à l’arrière.
Le confort arrière et le volume de chargement : des atouts maîtres
La banquette arrière de la Xpeng P7+ est un véritable salon roulant. Moelleuse et offrant un excellent confort, elle est chauffante, ventilée et ses dossiers s’inclinent électriquement. L’espace aux jambes est royal, et il peut être augmenté en ajustant le siège passager avant via l’écran dédié. Si l’on regrette l’absence d’écrans intégrés pour le divertissement, une tablette repliable permet d’installer un iPad, transformant l’arrière en un espace de détente optimal pour les longs voyages. C’est ici que la voiture électrique prend tout son sens pour le confort des passagers.
L’habitabilité généreuse se prolonge dans le coffre, accessible via un large hayon. Son volume varie de 573 litres à 1 931 litres une fois les dossiers rabattus, une valeur presque inédite pour une berline. Un rangement supplémentaire sous le plancher ajoute à la praticité. Une fois les sièges repliés, on obtient une longueur de chargement quasi plane de près de 2 mètres, idéale pour transporter des objets encombrants comme un réfrigérateur, ou même improviser une sieste en chemin. Cependant, l’interface conducteur pose encore quelques défis.
Les réglages des sièges avant, électriques, chauffants et ventilés, sont un plus, même si la longueur n’est pas ajustable. Le volant, légèrement carré, et l’afficheur digital devant le conducteur, qui réplique les informations de l’affichage tête haute, sont des choix esthétiques et ergonomiques qui demandent un temps d’adaptation. Les commandes vocales, malgré leur présence, manquent de finesse dans leur adaptation au français, pouvant parfois mener à des situations cocasses, comme l’ouverture du hayon à la demande d’ouvrir la boîte à gants. La Xpeng P7+, avec sa charge ultrarapide et sa consommation optimisée, se profile comme une excellente routière, mais l’expérience utilisateur de son système d’infodivertissement pourrait encore gagner en fluidité pour parfaire son statut de reine des longues distances.










