Trente ans, et pas une ride pour la Citroën Saxo VTS, une légende qui continue de faire parler d’elle. Alors que la marque au double chevron s’engage résolument sur la voie de l’électrification massive, délaissant toute velléité sportive dans sa gamme actuelle, elle nous offre pourtant une célébration pleine d’originalité. Cet anniversaire marque un moment particulier, rappelant une époque où les petites sportives faisaient la fierté des constructeurs français. Pourquoi ce retour en arrière, ce coup de projecteur sur une voiture thermique dans un paysage dominé par les watts et les batteries ? C’est une question légitime, mais ne boudons pas notre plaisir : c’est l’occasion rêvée de replonger dans l’héritage sportif de Citroën, un patrimoine riche en éditions spéciales et en modèles qui sont devenus de véritables objets de collection. De la Visa Mille Pistes à la DS3 Racing, ces automobiles ont façonné l’image d’une marque capable d’allier audace et performances. Une rétrospective nécessaire pour comprendre comment la Saxo VTS est devenue cette petite bombe légendaire, dont le souvenir brûle encore le bitume dans les mémoires des passionnés. Un passé dont Citroën peut être fier, et qui, pour 2026, est plus que jamais d’actualité dans les discussions des aficionados.
La célébration des 30 ans de la Citroën Saxo VTS s’inscrit comme un hommage inattendu à un passé sportif glorieux, contrastant avec l’orientation électrique actuelle de la marque. Cette rétrospective met en lumière une lignée de petites bombes, de la Visa Mille Pistes aux AX Sport, ayant marqué leur époque par leur légèreté et leur efficacité en rallye. La Saxo VTS, avec son moteur 1.6 l de 120 ch et son châssis affûté, s’est imposée comme une légendaire voiture, remportant même un championnat du monde Junior avec Sébastien Loeb. Si ses successeures comme la C2 VTS ont peiné, la DS3 Racing a ravivé la flamme, avant que Citroën ne cesse la production de sportives depuis près de dix ans. Un paradoxe intéressant qui nous pousse à nous interroger sur l’avenir sportif électrique de la marque.
Retour sur l’âge d’or : Quand Citroën enflammait le bitume avec ses petites sportives
Avant que la Saxo VTS ne devienne cette icône que l’on connaît, Citroën avait déjà une longue et fructueuse histoire avec les voitures sportives compactes. C’était une tradition quasi ininterrompue, qui a débuté bien avant les années 90, avec des modèles qui ont forgé la réputation de la marque en compétition et sur route. La lignée des citadines vitaminées du double chevron a enchanté les conducteurs sportifs sans discontinuer de 1982 à 2016.
La première à ouvrir le bal fut la Citroën Visa, une pionnière souvent sous-estimée. Elle s’est pourtant illustrée par des variantes étonnamment affûtées, de la Chrono de 93 ch lancée en 1982, à la redoutable GTI de 115 ch en 1985. Mais la plus spectaculaire restait sans doute l’étonnante Mille Pistes. Dotée d’une transmission intégrale, elle fut homologuée en Groupe B, nécessitant la production de 200 unités routières pour répondre aux exigences de la compétition. Un véritable monstre de rallye, taillé pour les pistes les plus exigeantes, qui a marqué son temps par son audace technique.

L’épopée controversée de la Visa Mille Pistes au Paris-Dakar
La Visa Mille Pistes n’a pas seulement fait de la figuration en compétition ; elle a brillé. Lors du célèbre rallye Paris-Dakar de 1985, le défunt Jean-Luc Thérier, véritable légende du sport automobile, a réalisé des prouesses remarquables. Il a hissé la Citroën à la 3e place du classement général, s’offrant même une brève incursion en tête de course. Malheureusement, l’aventure s’est terminée tragiquement par un grave accident qui a mis fin à sa carrière, le laissant paralysé d’un bras. Une blessure qui, malheureusement, a été suivie d’une longue et coûteuse bataille judiciaire contre Citroën Compétition concernant son indemnisation, affaire qu’il perdit après une décennie de procédure.
Parallèlement à cette bête de rallye, la Visa GTI s’est imposée comme une option séduisante pour les amateurs de petites sportives. Reprenant la mécanique et le train avant de la fameuse Peugeot 205 GTI, elle affichait des performances et une efficacité comparables, mais à un prix bien plus abordable. Un argument de poids à l’époque, même si elle n’a jamais connu le même succès commercial que sa cousine sochalienne. C’était une voiture qui ne rendait rien à personne sur le plan dynamique, offrant une expérience de conduite engagée et plaisante.
L’agilité de l’AX : la légèreté comme atout
Pour prendre la relève de la Visa, Citroën a lancé l’intéressante AX en 1986, qui n’a pas tardé à se décliner en versions Sport, GT et GTI. Comme sa devancière, l’AX a brillé en rallye, devenant une redoutable formule de promotion et un succès commercial. Sa force résidait dans sa légèreté extrême, lui permettant, malgré une puissance maximale de 100 ch, d’en remontrer à des concurrentes bien plus musclées. Cette agilité et ce caractère ont conquis les amateurs dès 1987. C’est d’ailleurs sur sa base modernisée que fut développée la Peugeot 106, qui, à son tour, donna naissance à la Saxo en 1996, préparant le terrain pour la future étoile sportive de la marque.
Saxo VTS : l’icône des 30 ans qui enflamme encore les passions
C’est en avril 1996 que la Citroën Saxo a marqué un tournant avec l’arrivée de sa variante sportive, la VTS. Trente ans plus tard en 2026, cette voiture est plus qu’un souvenir, c’est une légendaire qui incarne l’apogée des petites sportives du double chevron. Sous son capot battait le respecté moteur TU5JP4, un bloc de 1,6 litre développant 120 ch. Une puissance qui, sur le papier, pouvait sembler modeste face aux 136 ch d’une Fiat Punto GT, mais l’atout maître de la Saxo VTS résidait ailleurs : une masse contenue et des trains roulants affûtés comme jamais.
Le résultat ? Une petite bombe légère, rageuse, et d’une efficacité redoutable sur route comme sur circuit. Son comportement dynamique, sa vivacité et sa fiabilité en ont fait un choix de prédilection, y compris pour les jeunes pilotes. C’est d’ailleurs à son volant, dans la catégorie Super 1600 en rallye, qu’un certain Sébastien Loeb, accompagné de Daniel Elena, a remporté le championnat du monde Junior en 2001. Un exploit qui a définitivement ancré la Saxo VTS dans l’histoire du sport automobile. Malheureusement, Citroën ne l’a que très peu fait évoluer par la suite, se contentant d’un léger restylage en 1999 qui a modifié son look sans toucher à sa mécanique éprouvée.
Aujourd’hui, alors qu’elle célèbre ses 30 ans, la Citroën Saxo VTS est devenue une véritable pièce de collection, une youngtimer accessible qui voit sa cote grimper. Les passionnés se bousculent pour acquérir cette sportive iconique désormais en collection, témoin d’une époque révolue où le plaisir de conduite primait. Elle représente ce que beaucoup considèrent comme le summum de l’ingénierie sportive compacte de Citroën. Pour découvrir la passion derrière la Saxo VTS, il suffit d’échanger avec ses propriétaires qui se souviennent avec émotion de ses réactions vives et de son caractère bien trempé.
Un héritage durable : pourquoi la Saxo VTS reste une référence
L’impact de la Saxo VTS est tel qu’elle continue d’inspirer, même après trois décennies. Son design intemporel, bien que signé par Gilles Vidal pour sa version sportive, s’est imposé comme un classique. Elle est la preuve qu’une voiture n’a pas besoin d’être la plus puissante pour être la plus désirable. Son secret réside dans l’équilibre parfait entre légèreté, agilité et un moteur plein de caractère. Cet équilibre lui a conféré une aura particulière, la distinguant de ses rivales et lui assurant une place de choix dans le panthéon des petites sportives. C’est cette alchimie unique qui en fait aujourd’hui une icône sportive incontournable.
Nombreux sont les amateurs qui considèrent que la Saxo VTS a su séduire les conducteurs sportifs les plus exigeants, établissant un standard pour les futures générations de compactes sportives. Elle a clairement marqué toute une génération, laissant des souvenirs émus à ses propriétaires grâce à son efficacité et son caractère inoubliable. Sa simplicité mécanique et sa robustesse ont également contribué à sa légende, la rendant abordable à entretenir pour une voiture de collection en devenir. Ce n’est pas qu’une simple voiture, c’est un morceau d’histoire automobile.
L’héritage VTS face à l’électrification : quel avenir pour les sportives Citroën ?
Après l’ère glorieuse de la Saxo VTS, Citroën a tenté de capitaliser sur son succès avec la C2 VTS, lancée en 2003. Reprenant une version retravaillée du moteur TU5JP4, portée à 125 ch, la C2 se voulait la digne héritière. Mais la réalité fut différente. Son poids nettement plus élevé, rançon d’une sécurité passive infiniment meilleure et des normes plus strictes, l’empêcha d’atteindre l’agilité et le fun de sa devancière. La C2 VTS est restée dans l’ombre de la Saxo, et, à l’image de cette dernière, n’a que très peu évolué au cours d’une carrière en demi-teinte qui s’est achevée en 2009. Elle fut une tentative, mais sans l’originalité et l’éclat de son aînée.
Heureusement, la relève fut assurée par la très réussie DS3 Racing, apparue fin 2010. Sous le capot, un moteur de 202 ch, des suspensions aux petits oignons et de gros freins promettaient des sensations fortes. Déclinée aussi en cabriolet, elle a connu un franc succès, tant sur route qu’en compétition, ravivant la flamme des sportives chez Citroën. Son design percutant et ses performances lui ont permis de se forger une solide réputation. Cependant, en 2016, elle a abandonné le blason Citroën pour devenir simplement une DS, marquant la fin d’une époque pour les sportives badgées du double chevron.

La quête d’une nouvelle identité sportive à l’ère électrique
La célébration des 30 ans de la Saxo VTS arrive à un moment où Citroën n’a plus produit de sportive pure et dure depuis près d’une décennie. Cela nous amène à nous interroger sur l’avenir : la marque au double chevron nous concocte-t-elle quelque chose sur la base de la C4-ë ? Une nouvelle voiture sportive électrique pourrait voir le jour, certes puissante avec potentiellement 280 ch et efficace, mais confrontée au défi du poids, inhérent aux batteries. Une telle automobile risquerait d’être lourde comme un âne mort, affublée d’une autonomie qui pourrait sembler ridicule pour les puristes, et certainement très chère.
Basée sur la même plateforme que l’Abarth 600e, la Peugeot 208 GTI électrique, la Lancia Ypsilon HF et l’Opel Mokka GSE, elle se heurterait à la dure réalité du marché et des attentes des passionnés. Alors, une nouvelle sportive électrique Citroën, est-ce une bonne nouvelle ? Rien n’est moins sûr, et, pour certains, ce serait même un soulagement si cela ne se concrétisait pas, tant le plaisir de conduite d’une légendaire Saxo VTS thermique reste inégalé. L’anniversaire de la Saxo nous rappelle que l’originalité et les sensations ne se mesurent pas qu’en kilowatts, mais aussi en émotions pures, un aspect que l’électrification peine encore à reproduire fidèlement pour les puristes.








