comment il a révolutionné le pilotage d'une F1 - Automag.fr

comment il a révolutionné le pilotage d’une F1

comment il a révolutionné le pilotage d’une F1

En 1991, un jeune inconnu nommé Michael Schumacher débutait en F1. Sport Auto s’intéresse aux premières années de carrière du pilote allemand, et comment il a transcendé la manière de piloter une monoplace à 300 km/h. 

Disparu de la scène publique depuis son accident de ski le 29 décembre 2013, Michael Schumacher continue pourtant de susciter passion et admiration dans le monde entier. Bien que ses records soient aujourd’hui égalés voire dépassés par Lewis Hamilton, le septuple champion du monde a durablement marqué la mémoire collective durant plus de 20 ans passés en F1. Par ses exploits en piste, innombrables, mais aussi par son approche différente de son sport.

Schumacher, un travailleur infatiguable

Très tôt dans sa carrière, Schumacher a cultivé une vision différente de la Formule 1. A l’image d’un Ayrton Senna avant lui, l’Allemand a vite compris que le talent n’était rien sans le travail. Passionné par la technique et la mise au point, il a progressivement imposé une approche rationnelle, presque scientifique, du pilotage.

Cette vision stakhanoviste, Willem Toet la raconte sur son blog personnel. Le Suisse, qui officia en tant qu’aérodynamicien chez Benetton au moment de l’arrivée de Schumi en 1991, se souvient d’un rookie capable d’ingérer des quantités impressionnantes d’info sur le comportement de sa voiture durant des relais de trois tours, virage par virage.

« Au début, nous ne croyions pas qu’il fût réellement capable d’enregistrer autant d’informations, mais au fur et à mesure des progrès de la télémétrie, nous avons constaté que, oui, il pouvait parfaitement retenir une telle quantité de données », se souvient Toet. « On pouvait consulter les datas, mais ses commentaires étaient plus rapides : donc, une fois que nous lui avons fait confiance, nous avons pu régler la voiture plus rapidement, car il était capable de nous donner les informations les plus importantes immédiatement. »

Un cockpit adapté à Michael Schumacher

Pour être certain de « sentir » convenablement sa voiture, le jeune Schumacher formula dès son arrivée chez Benetton une demande qui dérouta ses ingénieurs : disposer d’un compteur de vitesse au-dessus de son volant.

« Au début, nous avons rigolé, car les pilotes se servent plutôt d’un compte-tours », explique Willem Toet. « Michael a expliqué qu’un compte-tours était en effet utile, mais, précisa-t-il, ‘si je sors du virage en troisième ou en deuxième, je veux savoir si cela aide mon accélération. Est-ce que j’atteins une vitesse plus élevée ou bien l’accélération supplémentaire en deuxième est-elle perdue quand je change de rapport ? »

« Si je change de vitesse plus tôt, quand le moteur est un peu creux, je veux savoir si cela favorise ma vitesse. En plus, si je change les rapports de boîte, toutes mes références seront perdues si je ne dispose que d’un compte-tours.’ La solution est venue du responsable de l’électronique Richard Marshall, et nous avons donné à Michael un compteur de vitesse » (voir photo).

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De un… à trois compteurs !

Après un temps d’usage, Schumacher se rendit toutefois compte que piloter tout en gardant un oeil sur le compteur n’était pas chose aisée, tant en virage qu’en lignes droites. Contre toute attente, et surtout celle de son équipe, il demanda qu’on lui ajoute… jusqu’à deux compteurs supplémentaires !

« Je voudrais conserver le compteur de vitesse en temps réel au milieu, là où il est actuellement », expliqua celui que les fans surnommerait plus tard « Kaiser », comme le raconte Willem Toet. « Ensuite, à gauche, je voudrais un compteur qui indique la vitesse minimale dans le virage. La vitesse resterait affichée jusqu’au prochain freinage, après lequel le compteur serait remis à zéro pour donner la nouvelle vitesse minimale. »

« Enfin, à droite, je voudrais un écran affichant la vitesse maximale que j’aurais atteinte après avoir appuyé à fond sur l’accélérateur après une ou deux secondes, de sorte à avoir le temps de lire la V max atteinte dans la ligne droite précédente. »

Après un gros travail de mise au point, l’écurie parvint à doter la Benetton B194 (1994) des trois compteurs de vitesse (ci-dessus). « Après quelques années, conclut Toet, Michael décida qu’il savait comment piloter une F1 et qu’il n’avait plus besoin des compteurs. Mais ce fut un exercice d’apprentissage pour lui. »

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