Le petit SUV Toyota Yaris Cross face à la référence Renault Captur

Le petit SUV Toyota Yaris Cross face à la référence Renault Captur

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Toyota a été dès 1994 l’un des créateurs du concept du SUV compact mais…l’a ensuite oublié. C’était avec le tout premier RAV4. Uniquement décliné en trois portes à ses débuts, ramassé (3,71 m de long), l’engin également baptisé « Fun Cruiser » a beaucoup plu au point, en plus d’une version rallongée cinq portes (4,16 m de long), d’être même proposé en cabriolet. Puis plus rien ou presque.

Si le RAV4 existe bien évidemment encore au catalogue du constructeur nippon, c’est aujourd’hui un gros morceau (4,60 m de long). Quant au virage du SUV « urbain », comme les Renault Captur et autres Nissan Juke, Toyota l’a raté avec l’Urban Cruiser (2009) qui n’a jamais trouvé son public chez nous. Autant dire que ce Yaris Cross arrive donc « à la bourre » sur un créneau où tous les constructeurs généralistes ont un représentant. Volkswagen T-Cross, Hyundai Kona (et bientôt Bayon), Kia Stonic, Skoda Kamiq… la liste de ceux qui sont déjà dans le train pris très en retard par le Yaris Cross est interminable. Alors quels sont les arguments du Toyota pour se faire remarquer ? Réponses face à la référence française, à savoir le Renault Captur.

1. Style et dimensions

Un Peugeot 2008 ne ressemble pas une 208 pas plus qu’un Renault Captur singe le style de la Clio. Pour différencier le Yaris Cross de la Yaris avec lequel il partage la même usine d’Onnaing dans la région de Valenciennes, Toyota l’a donc habillé d’une carrosserie spécifique. Original, pas déplaisant à l’œil, le « franco-japonais » ne fait qu’appliquer la même recette que ses congénères et il l’accommode sans fausse note. Si les passages de roues protégés et de forme carré (clin d’œil au Rav4 actuel) suggèrent la possibilité de couper à travers champ, la modeste garde au sol (16 cm) tout comme les boucliers peints indiquent que sa vocation première est d’évoluer sur route.

C’est aussi le cas du Renault Captur qui comme son rival peut aussi profiter d’une peinture bicolore pour taper dans l’œil. En revanche le français toise le nippon côté gabarit (4,23 m de long). Plus ramassé (-5 cm soit 4,18 m), le Yaris Cross affiche une taille dans la moyenne de la catégorie des SUV, ce qui a ses avantages mais aussi ses inconvénients…

Renault Captur © Renault

2. Vie à bord

A l’avant

Autant le Yaris Cross se démarque de la Yaris dehors, autant c’est moins flagrant à bord. En effet, à quelques détails près comme l’écran central tactile un peu plus grand (8 pouces en série, 9’’ en haut de gamme) et un bloc de clim spécifique, il récupère la planche de bord de sa sœur d’usine. Est-ce grave ? Dans l’absolu non puisque ce poste de conduite, plutôt bien agencé, propose une ergonomie facile à appréhender et est plutôt bien fabriqué. Mais, l’ensemble n’est pas d’une grande originalité et certains matériaux manquent tout de même de cachet.

Plus chanceux, le Renault Captur récupère la planche de bord de la Clio. Comprenez par là que comme la citadine au losange présente une finition qui fait référence dans la catégorie des citadines, c’est par ricochet aussi le cas du Captur dans la classe des SUV urbains.

Autre motif de satisfaction, en fonction de la finition choisie, le poste de conduite du Français peut être égayé par des touches de couleurs. Enfin le dessin de l’ensemble fait plus moderne, chose à laquelle la dalle centrale tactile en position verticale (en finition haut de gamme 9,3 pouces sinon rectangulaire 7’’) n’est pas étrangère. Mais tout n’est pas parfait pour autant dans le Captur. Manquant d’amplitude en profondeur, le réglage du volant ne permettra pas à tous les gabarits de trouver la position de conduite idéale, alors que c’est enfantin dans le Toyota

Toyota Yaris Cross © François LemaurRenault Captur © Renault

A l’arrière

Il suffit de vouloir s’installer à l’arrière pour déceler le gros point faible du Yaris Cross. Ne libérant pas assez d’espace avec un passage étroit, la porte arrière donne accès à une banquette où les grands se sentiront à l’étroit. Rien de catastrophique certes, mais dans la catégorie, à commencer par le Renault Captur, beaucoup font nettement mieux. Cette habitabilité décevante à l’arrière, le Yaris Cross la doit à son faible empattement. Avec 2,56 m entre les essieux, il est stricto sensu identique à celui de la citadine Yaris laquelle est déjà loin de briller parmi les plus spacieuses parmi les citadines.

Pour tenter de masquer ce défaut, Toyota a doté son SUV d’une banquette au dossier très vertical et de caves de pieds permettant aux grands d’y glisser leurs panards. Malin mais pas suffisant pour donner le change au Renault Captur à l’empattement bien plus généreux (+ 8 cm soit 2,64 m).

Plus facile d’accès, la banquette arrière du français est également plus accueillante. Et histoire d’enfoncer le clou, elle est également « magique ». En effet, il est possible de la faire coulisser sur 16 cm pour augmenter l’espace dévolu aux passagers ou agrandir le coffre. Mais attention, il faudra choisir car cette banquette n’est pas divisible (2/3-1/3).

Toyota Yaris Cross © ToyotaRenault Captur © Renault

 

Côté coffre

Avec 397 litres annoncés par Toyota contre 422 l. (et 536 l. banquette avancée au max.) par Renault pour le Captur, le Yaris Cross présente sur le papier la soute à bagages la plus modeste. Mais entre les chiffres et le côté pratique, il y a une différence. Bien dessiné, large, le coffre du japonais ne fait pas pâle figure. Il propose même quelques astuces fort pratiques comme un plancher divisible en deux parties afin de bloquer des bagages et éviter qu’ils ne baladent de gauche à droite en virage. Quant à la pratique trappe à skis, elle n’est pas si fréquente dans la catégorie. Un dispositif dont ne bénéfice pas son rival. Notez que le Captur présente aussi un volume de coffre amputé de 43 l. en version hybride rechargeable (celui de notre vidéo). Une soute moins généreuse (- 70 l soit 327 l), c’est aussi le cas du Yaris Cross lorsqu’il adopte une transmission intégrale, une rareté dans la catégorie avec un moteur électrique supplémentaire logé sur l’essieu arrière.

Toyota Yaris Cross © ToyotaRenault Captur © Renault

3. Les motorisations

Toyota étant le grand spécialiste de l’hybride, vous vous doutez bien que ce Yaris Cross sera disponible avec ce genre de motorisation. On va d’ailleurs vous mettre à l’aise de suite puisque c’est la seule possibilité offerte au catalogue. Reprise de la Yaris, cette chaîne de traction associe un trois cylindres 1.5 essence à un bloc électrique de traction le tout développant 116 ch de puissance cumulée. Le tout est mis en musique par la traditionnelle transmission par train épicycloïdal Toyota, autrement dit une boîte à effet variation continue. Il sera possible d’évoluer sur une poignée de kilomètres en conduite électrique à condition évidemment que la petite batterie qui se recharge en roulant soit suffisamment pleine.

Comme évoqué un peu plus haut, le Yaris Cross se déclinera en version traction mais aussi en 4×4 avec un moteur électrique animant les roues arrière. Si nous n’avons pas encore le niveau de puissance de cette motorisation, notez que cette transmission intégrale fonctionnera jusqu’à 70 km/h et qu’elle pourra séduire ceux qui habitent en montage ou en zone enneigée (à condition d’installer les pneus qui vont avec). C’est un vrai plus pour le Yaris car dans la catégorie les « vrais 4×4 » ne sont pas légion.

Preuve en est avec le Captur qui en est privé. Mais il est vrai que la majorité des acquéreurs de SUV choisissent souvent un simple deux roues motrices. Et pour le reste le Français donne davantage de choix côté mécanique avec une large gamme. En effet s’il n’est plus disponible en diesel, le français l’est encore en essence, en GPL et aussi en hybride rechargeable E-Tech. Cette dernière proposition va se doubler très prochainement avec l’arrivée du Captur hybride tout court…comme le Yaris Cross. Si sur le papier, cette version semble séduisante avec sa puissance supérieure (145 ch au français), reste à vérifier, dans un prochain comparatif dynamique, lequel des deux fera des merveilles côté consommation.

4. Le bilan

Avec son gabarit raisonnable, sa bonne bouille et surtout sa motorisation hybride de surcroit disponible en quatre roues motrices, le Yaris Cross devrait sans peine faire son trou dans la catégorie des petits SUV. Certes, il ne brille pas son sens de l’accueil à l’arrière mais ce défaut n’empêche pas sa petite sœur Yaris de connaître le succès.

Mieux, si Toyota n’a pas encore dévoilé ses tarifs, nos sources nous ont indiqué que la version de base serait disponible à partir de 25 000 €. C’est beaucoup moins que le Captur hybride équivalent que nous allons essayer prochainement dont le ticket d’entrée à 27 100 €. Reste maintenant à vérifier lors d’un prochain essai dynamique si le Japonais tient toutes ses promesses…

Les plus et les moins du Toyota Yaris Cross

  • + Gabarit compact
  • + Motorisation hybride
  • + Disponible en quatre roues motrices
  • – Places arrière justes
  • – Quelques matériaux décevants

Les plus et les moins du Renault Captur

  • + Présentation soignée
  • + Gamme large de motorisations
  • + Habitacle accueillant/modulable
  • – Tarifs élevés
  • – Pas de proposition quatre roues motrices



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