deux cylindres en trop ou en manque ?

deux cylindres en trop ou en manque ?

La Toyota Supra est de retour depuis 1 an déjà. Plutôt bien adoptée par les puristes de la marque, elle est même devenue en 2020 le seul modèle Toyota à avoir vu ses ventes progresser. En partie grâce à l’arrivée d’une version d’entrée de gamme : la Supra 2.0 litres. Mais quelques questions se posent à son sujet : est-elle vraiment une Supra, que perdons nous avec cette variante moins onéreuse ? Stéphane et moi avons comparé les deux versions sur route et sur piste pour être fixés.

Difficile de trouver meilleure compétitrice pour challenger une Toyota Supra qu’une autre Supra.  Le parallèle semble étonnant, mais comme lors de notre dernier comparatif nous avions vu la nouvelle sportive japonaise s’avouer vaincue face à l’imbattable Alpine A110, il fallait que la Supra nous montre ce qu’elle valait vraiment. C’est chose faite puisque nous avons emmené les deux versions à travers une virée autour de Dreux et sur le circuit de l’Ouest Parisien en Eure-et-Loire. Avant de faire le point sur les sensations que les deux autos transmettent, rappelons que la première version, la jaune, est équipée d’un 6 cylindres en ligne 3,0 litres turbo d’origine BMW qui délivre 340 chevaux et 500 Nm de couple. 

De son côté, la nouvelle petite Toyota Supra 2.0 cache sous son capot un 4 cylindres 2,0 litres turbo qui développe 258 chevaux et 400 Nm de couple. Forcément, les chiffres sont moins impressionnants, mais il ne faut pas oublier que la cousine asiatique du BMW Z4 est aussi plus légère de 100 kg ! Ce n’est pas négligeable, surtout sur circuit. Il y a aussi quelques petites différences techniques : notre version Fuji Speedway bénéficie d’une dotation de série plus riche que le modèle de base avec notamment un différentiel à glissement limité. Voilà qui devrait permettre de faire quelques jolies figures sur le circuit à condition de s’appliquer. Mais avant ça, avec Stéphane nous sommes allés voir ce que valait nos deux autos sur les routes. Stéphane dans la 2,0 litres (la blanche), moi dans la 3,0 litres (la jaune). Et en avant !

Mêmes tarifs ?

Si certains doutent encore de la légitimité de ce comparatif, je vais vous rassurer d’emblée. La plus chère ne sera pas forcément la meilleure, d’autant plus que notre modèle Fuji Speedway n’est pas si loin de la version haut de gamme en termes de tarifs. Mais petit bémol, s’il y a 12.000 euros d’écart entre les deux Supra, c’est pour la version de base… Mais le modèle Fuji Speedway de Stéphane coûte près de 59.000 euros. Voilà qui ramène l’écart entre nos deux bolides à seulement 7.000 euros. Coup dur pour l’équipe 4 cylindres !

Heureusement pour Stéphane que le 6 cylindres de ma Supra 3.0 me donne l’immense privilège de payer quelques 8.000 euros de malus écologique. Pour le petit 4 cylindres, 3.300 euros suffiront. Finalement, le tarif de la version 3,0 litres pique quand même plus, mais les deux cylindres que l’on gagne grâce à la rallonge financière pourraient bien faire la différence, surtout en matière d’agrément moteur… Et de sonorité !

Autre léger avantage à la version la plus modeste, l’habitacle est scrupuleusement identique dans les deux ! Pas étonnant lorsque l’on sait que la base technique est une BMW Z4 pour l’une comme pour l’autre, mais peut-être un peu contrariant pour quiconque déciderait d’investir quelques milliers d’euros en plus pour s’offrir les vocalises du six cylindres en ligne.

VIDEO – Essai comparatif Toyota GR Supra 2.0 vs. Supra 3.0 : sont-elles deux vraies Supra ?

La guerre des chiffres

Il est temps de comparer les chiffres de nos deux sportives du jour. Refaisons le point rapidement : la Supra 3,0 litres et son 6 cylindres de 340 chevaux fait face au modèle 2,0 litres et son 4 cylindres de 258 chevaux. Malgré son avantage de 100 kg, la plus petite des deux accuse quand même un léger retard en ce qui concerne le rapport poids/puissance : 4,39 kg/ch pour la jaune, contre 5,4 kg/ch pour la blanche. Mais côté sportivité, la moins puissante des deux n’est pas forcément la moins efficace.

En effet, celle-ci bénéficie d’un équilibre des masses identique de 50/50. Ainsi, elle est tout aussi agile, voire plus, et c’est bien normal quand on sait qu’elle a été longuement mise au point sur le Nürburgring par l’équipe d’ingénieurs. Le résultat : quelques réglages spécifiques, différents de ceux adoptés sur la BMW Z4 et la Supra 3.0.

Néanmoins, il ne faut pas s’attendre à des miracles. Avec un kilo en plus à tirer pour chaque cheval, le 0 à 100 km/h est tout de même plus rapide pour la plus grosse cylindrée : 4,3 secondes pour l’une, 5,2 secondes pour l’autre. En ce qui concerne la vitesse de pointe, les deux modèles affichent 250 km/h.

Des jumelles si différentes ?

Il y a une belle différence entre ces deux soeurs déjà en termes de sonorité. Difficile pour Stéphane de rivaliser avec son petit 4 cylindres de 2,0 litres… il doit s’avouer vaincu ne serait-ce que pour ça ! « C’est vrai que je t’entends et je dois t’avouer que je suis un peu jaloux de la sonorité de ton moteur. Surtout de ton échappement faut dire. Mais ce petit 4 cylindres turbo, il n’est pas mal non plus ! Alors c’est vrai que la sonorité est un peu moins flatteuse, par contre, la disponibilité du couple est suffisante, y a de quoi s’amuser ! », affirme-t-il.

En effet, à partir de 1.500 tr/min, le 4 cylindres pousse sans s’essouffler jusqu’à 6.200 tr/min. Il a suffisamment de souffle pour mettre en mouvement notre Supra Fuji Speedway et en faire une auto plutôt homogène. À ce stade-là, force est de constater que je vais devoir trouver d’autres arguments que la sonorité de mon bloc BMW pour prouver que la vraie Supra c’est la jaune ! J’en ai justement un autre : le confort. Attention, la différence n’est pas colossale, mais le caractère légèrement premium de la version 3.0 lui permet de profiter d’amortisseurs plus haut de gamme, notamment pour accuser la centaine de kilos en plus. Sur route, cela se traduit par une Supra légèrement plus docile et plus vivable au quotidien. Il faut bien justifier le surcoût !

Dernier argument qui pourrait être considéré par de futurs acheteurs : la consommation. Là, je pense que je peux faire mieux que Stéphane, surtout vu la conduite. Bingo ! Avec une conduite bien rythmée sur des routes sinueuses, nos deux consommations dépassent allègrement les 15 litres/100 km alors que ma Supra compte toujours 2 cylindres en plus. Il fallait s’y attendre en cravachant le petit « 4 pattes » turbocompressé. Reste qu’en calmant le jeu, c’est la « 2,0 litres » qui consomment un bon litre de moins… Mais qui achète une Supra pour faire de l’écoconduite ? D’ailleurs, il est justement temps de se mettre en piste.

En piste

Côté comportement nous avions vu juste : la petite Supra 2,0 litres de Stéphane se montre bien plus agile. Le quintal en moins participe à ce sentiment plus radical, que l’on manipule avec plus de précision. On entre plus fort en virage, on passe plus vite en courbe et on s’en extirpe… presque aussi vite ! 

Là, la plus grosse version fait mieux grâce à ses 80 équidés de plus. Mais le poids est toujours le pire ennemi de la sportivité, même dans ce duel de japonaise. Ainsi, il faut freiner plus fort avant les courbes et passer plus doucement, sous peine de voir le train avant élargir à cause du poids du 6 cylindres en ligne…. Ou alors remettre un petit coup de gaz pour transformer le sous-virage en survirage.

Sur ce point, la version Fuji Speedway se débrouille bien. Merci à son différentiel à glissement limité à l’arrière. Mais en effet, il faut s’appliquer et suivre la recette la plus scolaire pour glisser, en jouant avec les transferts de charge au freinage en entrée de courbe, là où il suffira de jouer du pied droit pour enrouler un virage avec la version la plus puissante. Reste que la Supra 3.0 aura davantage tendance à trouver la butée des suspensions et à fatiguer son système de freinage alors que celui de la 2.0 semble tenir le coup. Départager ces deux autos presque identiques n’est pas si simple. L’une est vraiment plus sportive et agile, l’autre plus GT et joueuse. L’une plus bruyante et expressive, l’autre plus sobre et réservée. Et enfin, l’une est belle et l’autre… l’est tout autant !

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