Audi RS Q8-R ABT vs Lamborghini Urus Venatus Mansory, les cousins diaboliques

Audi RS Q8-R ABT vs Lamborghini Urus Venatus Mansory, les cousins diaboliques

Les Audi RS Q8-R par ABT et Lamborghini Urus Venatus Mansory sont deux SUV hyper-sportifs aussi rares qu’assoiffés d’essence. Nous avons eu la chance de pouvoir les essayer (et d’effrayer le voisinage).

Qu’il est loin le temps où les visiteurs du salon de Genève pouvaient vagabonder dans les allées du célèbre GIMS, s’arrêtant longuement dans le hall dédié aux préparateurs, fascinés par les appendices aérodynamiques exagérés, les covering dingues et le carbone sous toutes ses formes. Un ancien monde où des marques comme ABT, Liberty Walk, Brabus, Techart ou encore Mansory étaient les reines de la démesure, de l’extravagance et parfois même, du mauvais goût.

Depuis, hormis sur Internet et les réseaux sociaux, difficile de croiser sur les routes ces raretés automobiles. Pour avoir une chance de les approcher, il faut aller à Cannes où le concessionnaire MS Motors s’est spécialisé dans la distribution de ces voitures d’exception.  

De la pose de kit esthétique à la vente du produit final, le garage azuréen offre à peu près tout ce qui se fait dans le monde de la préparation. Une véritable caverne d’Ali Baba, de grotte de Batman, où deux modèles sortaient très largement du lot lors de notre venue : les cousins du groupe Volkswagen, l’Audi RS Q8 et le Lamborghini Urus.

Muscles et démesure

Deux SUV hyper sportifs, au look démoniaque et à la mécanique folle. Encore plus dans leurs versions préparées par deux références en la matière, les allemands ABT et Mansory. Qu’on se le dise, face au Urus Venatus Mansory, le RSQ8-R d’ABT semble bien timide, voire docile.  

Pourtant, son kit aérodynamique le rendrait déjà terriblement méchant par rapport à n’importe quel autre modèle : trapu grâce à sa garde au sol rabaissée et ses énormes jantes 23 pouces, et franchement inquiétant vu de face et d’arrière avec ses boucliers en carbone et son énorme diffuseur postérieur.

Millefeuilles d’éléments de style, le Urus revêt une robe en carbone aussi aguichante que peu raffinée. Notamment à l’arrière avec un diffuseur hors normes intégrant une triple sortie d’échappements centrale. Et que dire de l’immense bouclier avant avec ses monstrueuses entrées d’air et sa lame prête à arracher le bitume.

 

Des V8 de mutants !

Après tout, pourquoi pas ? Surtout qu’avec Mansory, la démesure ne s’arrête pas à l’esthétique. Jugez plutôt : le V8 4.0 biturbo du Urus Venatus développe 850 chevaux et 980 Nm de couple, contre 650 chevaux habituellement. De quoi tout déposer sur son passage, y compris les meilleures supercars du marché avec un 0 à 100 km/h abattu en seulement 3,3 secondes pour une vitesse maximale de 320 km/h.

Toujours un cran en dessous, le RS Q8-R dispose du même moteur mais doit s’incliner avec « seulement » 740 ch et 920 Nm de couple (600 ch de série). Ses performances aussi sont logiquement légèrement moins impressionnantes que celles de l’italien maléfique avec une vitesse de pointe de 315 km/h et 3,5 secondes pour s’affranchir du 0 à 100 km/h.  

Mais à la conduite, le RS Q8-R par ABT marque vraiment la différence face à sa version de série. Avec sa suspension rabaissée et raffermie, il se montre encore plus redoutable sur les parcours sinueux, virevoltant d’un virage à l’autre avec encore plus de facilité qu’à l’accoutumée.

 

Une autre dimension

Ses relances, favorisées par une bonne dose de couple supplémentaire, le catapultent sans aucun à-coup, ni temps de latence au passage de rapport. Dommage que la direction, toujours avare en retour d’informations, n’ait pas été retravaillée pour encore plus de panache. Ce qui aurait également pu lui permettre de venir titiller le martien Urus Mansory !

Car le Lamborghini navigue tout simplement dans une autre dimension. Celle du SUV à l’expérience de conduite complètement folle. La base est déjà excellente, réussissant le pari fou de respecter scrupuleusement l’ADN de Sant’Agata Bolognese malgré une architecture pour le moins hérétique, imaginez donc un Urus avec un surplus de puissance et un échappement terrifiant !

Dès les premiers mètres, la vigueur des accélérations décolle le cerveau. Le Venatus fait fi des lois de la physique en rebondissant d’une courbe à l’autre dans un flegme quasiment britannique. Finalement, seules les limitations de vitesse et les limites du pilote viennent arrêter cette machine à sensations diabolique. D’ailleurs, impossible de résister au hurlement de son moteur, obligeant presque le conducteur à repartir et enchainer les tours de manège pour toujours plus de plaisir auditif.

Tout simplement jouissif, abstraction faite du style beaucoup trop exagéré, et du prix, bien sûr. A 450.000 € (hors malus), le Urus Venatus par Mansory demande une rallonge conséquente par rapport à l’excellent Urus de base. En cela, le RS Q8-R ABT et ses 275.000 € pourraient presque passer pour une bonne affaire.

 



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