Comment bien acheter une Smart Roadster

Comment bien acheter une Smart Roadster

Les amateurs éclairés d’automobile le savent bien, le plaisir n’est pas proportionnel à la taille de l’engin. Une voiture agile avec un petit moteur peut vous envoyer au septième ciel plus sûrement que certaines enclumes surpuissantes. Ainsi, lorsque Smart dévoile son premier concept Roadster au Salon de Francfort, en 1999, beaucoup voient en lui un lointain héritier des roadsters anglais des années 1960 que sont les Austin-Healey Sprite, MG Midget ou Triumph Spitfire. La recette est bien la même : un moteur issu de la grande série, installé dans un châssis aux dimensions et au poids réduits. Un an plus tard, la variante Coupé (dotée d’une bulle de verre au-dessus du compartiment moteur) est présentée au Mondial de Paris. Devant une telle persévérance, on comprend que la marque va bel et bien lancer la production en série de ces séduisantes friandises.

Après deux ans de gestation, elles arrivent sur le marché au printemps 2003, avec les deux carrosseries, Roadster ou Roadster Coupé, et deux variantes du 3-cylindres maison développant 61 ou 82 ch. Le Roadster est plutôt bien accueilli par la presse, malgré deux gros reproches : une boîte de vitesses robotisée à simple embrayage d’une lenteur exaspérante, peu compatible avec la sportivité affichée et, surtout, un prix de vente très élevé au regard des prestations relativement modestes de la Smart. En 2004, l’arrivée d’une version Brabus, plus musclée, mais aussi plus lourde et nettement plus chère, ne change malheureusement rien. Fin 2005, les Roadster disparaissent du catalogue. Les derniers exemplaires s’écouleront jusqu’à l’été 2006 après quelque 43 000 exemplaires produits, soit loin des prévisions.

Tournez manège !

La critique du prix n’ayant plus cours aujourd’hui, accordons une seconde chance à ce joujou pour nous intéresser à la déclinaison 82 ch. La puissance paraît (presque) suffisante, l’équilibre est bon et le look ne manque pas de charme malgré des plastiques intérieurs franchement légers. Mais le temps de passage des rapports rend la conduite frustrante et le beau tableau s’en trouve gâché.

Qu’en est-il de la version Brabus ? Forte de 101 ch et d’une présentation spécifique, elle impressionne malgré ses proportions lilliputiennes et se distingue par sa lame sous le bouclier avant, ses bas de caisse, sa double sortie d’échappement centrale, de superbes jantes de 17 pouces et quelques monogrammes Brabus çà et là.

A bord, ambiance sport pur et dur garantie : position allongée, espace compté, même si les finitions et matériaux ne sont vraiment pas au niveau des tarifs pratiqués.© L’Automobile Magazine

Au volant aussi, le progrès est là. Les changements de rapports sont plus rapides (ou, disons, moins pénibles) et ne s’accompagnent d’aucun à-coup. On délaisse vite le mode tout automatique ou la commande par levier, pour garder les mains rivées sur le volant, sélectionnant les vitesses d’une rapide flexion du majeur : palette de gauche pour rétrograder, de droite pour monter les (courts) rapports. Le sourire est de mise, d’autant que le moteur fait, lui aussi, bonne impression. Au-delà des accélérations qu’il délivre – somme toute assez modestes –, ses montées en régime linéaires sont agrémentées d’un feulement métallique évoquant les râles d’un 6-cylindres à plat simplement entrecoupé des soupirs de la soupape de dépression du turbo. Sur le plan du comportement, pas de surprise, l’équilibre et la légèreté du châssis fixent les limites ­d’adhérence à un niveau reculé. L’empattement réduit impose toutefois un minimum d’attention dans les courbes rapides, où cette Smart pourra se dandiner, malgré son évidente neutralité. Dans les parties plus sinueuses, en revanche, son agilité régale. Bénéfice d’un poids réduit, les pneus et les freins (tambours à l’arrière) ne seront jamais dépassés par la situation. Ludique, sympathique, ce Roadster est certes imparfait mais il donne la banane. N’est-ce pas là ce que l’on attend en premier d’une auto plaisir ?

Quelles versions choisir ?

Les versions 61 et 82 ch ne manquent pas de charme, jouissent d’un comportement remarquable et ont le bon goût d’être devenues abordables. Préférez la 82 ch, plus performante et guère plus onéreuse. La Brabus est la plus désirable, non seulement en raison de sa présentation et de son équipement, mais surtout grâce à sa transmission, plus réactive. En revanche, ses performances sont à peine supérieures. Quant à son prix…

  • 3-cyl. 698 cm3 turbo 61 ch (2003-2006)
  • 3-cyl. 698 cm3 turbo 82 ch (2003-2006)
  • 3-cyl. 698 cm3 turbo 101 ch Brabus (2004-2006)

À vérifier avant d’acheter

Le Roadster peut se révéler très endurant, certains exemplaires ayant allègrement dépassé les 300 000 km, mais une telle longévité suppose un entretien méticuleux, d’autant que cette Smart a ses faiblesses : des cas d’usure prématurée du moteur ont été signalés avec une perte de compression pouvant exiger le remplacement du bloc. Par ailleurs, la lubrification de l’actuateur d’embrayage doit se faire avec de la graisse blanche au lithium ; le tuyau du système de climatisation courant dans le bas de caisse est connu pour sa fragilité ; le boîtier électronique SAM dysfonctionne volontiers ; et les quelques défauts d’étanchéité (rétroviseurs, capote, hard-top, feux arrière) sont un vibrant hommage aux roadsters anglais des sixties… Pour le reste, attention au niveau d’huile : une approximation peut avoir des conséquences désastreuses. Enfin, la distribution est assurée par une chaîne, ce qui ne dispense pas d’un contrôle régulier, notamment si elle devient bruyante.

Combien ça coûte ?

Que vous ayez jeté votre dévolu sur le Roadster ou le Roadster Coupé (reconnaissable à sa bulle arrière), les versions 61 ou 82 ch se trouvent entre 5 000 et 7 000 €. Plus rare, une version Brabus se négocie autour de 12 000 €. Une cote remarquablement stable depuis une dizaine d’années.



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