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Ode au V10 de course à la japonaise

La Lexus LFA « Nürburgring Edition » est la version de piste de la LFA classique. Editée à 50 exemplaires, les occasions de vente sont rares. Et quand elles arrivent, le tarif peut grimper très vite, à l’image de cet exemplaire, adjugé pour 1.720.000 dollars à son nouveau propriétaire américain.

En 2010, Lexus produisait « des voitures ennuyeuses, au style banal, à la technologie compliquée, et au prix très élevé », selon les mots de Jeremy Clarkson dans Top Gear. Mais ici, la branche premium de Toyota a pris tout le monde de court, avec la sortie d’un véhicule hautement désirable : la LFA

Rappel des faits : la face avant arbore un bouclier aux ouvertures triangulaires. Le coupé est posé au sol sur des jantes de 20 pouces. La poupe est marquée par un aileron rétractable, deux feux très fins, et trois sorties d’échappement centrales. Son style taillé à la serpe suscite l’interrogation pour beaucoup, face à l’agressivité d’une Lamborghini Gallardo LP570-4 ou l’élégance d’une Aston Martin DB9. Pour d’autres, c’est l’aboutissement d’un coup de crayon sensationnel, apparu dès 2005.


Faisons fi des conventions, et parlons de ce fabuleux moteur. Le V10 4.8, développé en collaboration avec Yamaha, crache 560 ch envoyés aux roues arrière jusqu’à 9.500 tours/minutes. Ce bloc est associé à une boite robotisée à 6 rapports. La LFA catapulte ses occupants de 0 à 100 km/h en 3.7 s pour atteindre 325 km/h dans une symphonie absolument mémorable


Lexus LFA « Nürburgring Edition » : Ode au V10 de course à la japonaise

Et si on énervait encore plus Lexus ?

Les 500 exemplaires annoncés ont tous été vendus avant même la commercialisation du modèle. Les ingénieurs Lexus se félicitaient en interne. Les amateurs les plus fortunés étaient extatiques devant un tel chef-d’œuvre. Tous ? Pas vraiment. L’un d’entre eux eut la bonne idée de proposer en réunion : « Et si on préparait la LFA pour la piste la plus difficile au monde ? ». Trouvez cette personne et remerciez-là de notre part : la Lexus LFA « Nürburgring Edition » nait six mois plus tard. 

La carrosserie reçoit une lame et des « canards » en fibre de carbone, des jantes BBS de 20 pouces en magnésium et un immense aileron fixe. La suspension est abaissée et raffermie. Le V10 gagne dix chevaux supplémentaires et passe à 570 ch. La boite est revue et corrigée en interne pour gagner 5 centièmes de rapidité à chaque passage.

A bord, le style est beaucoup plus passe-partout que l’extérieur. Le siège conducteur est réglé et façonné en fonction de sa propre morphologie. Le volant conserve le motif « triangle » observé à l’extérieur. Et le combiné d’instrumentation est entièrement numérique, une première pour l’époque. 

En septembre 2011, la LFA « Nürburgring Edition » rentre dans la légende en devenant la voiture de production la plus rapide à terminer un tour sur la Boucle Nord, en 7’14″64. De quoi mettre dix secondes dans la vue à la Porsche 911 GT2 RS (997), jusqu’alors détentrice du fameux record. 
 


Lexus LFA « Nürburgring Edition » : Ode au V10 de course à la japonaise

Une cote stratosphérique

Aujourd’hui, se procurer une Lexus LFA est un luxe absolu. Les modèles les mieux conservés peuvent atteindre le million d’euros. Produite à 50 exemplaires, la LFA « Nürburgring Edition » peut aisément le dépasser. A l’image de cet exemplaire immaculé, datant de 2012. Il a été livré neuf dans le Massachusetts, a passé du temps en Floride et en Californie, avant d’être vendu une première fois aux enchères, en mars 2022. Comme toute série spéciale qui se respecte, cet exemplaire ne déroge pas à la règle : il n’affiche que 2.100 miles au compteur, soit environ 3.400 km. 

Vendue 375.000 dollars aux Etats-Unis à sa sortie, cette Lexus LFA de piste a été adjugée contre la modique somme de 1.700.000 dollars, soit environ 1.560.000 euros.

« Après avoir vu ça, on peut mourir tranquille. Le plus tard possible, mais on peut ! Ah quel pied !! Ah p… quel pied !! » Ce ne sont pas que les mots de Thierry Roland, prononcés un fabuleux soir de juillet 1998, dans une cabine de commentateurs. Ce sont aussi les mots que vous prononcerez, si vous avez la chance de rouler dans l’une des plus mythiques japonaises modernes de l’histoire automobile : la Lexus LFA

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