les coups de coeur 2021 de L'Auto-Journal - Automag.fr

les coups de coeur 2021 de L’Auto-Journal

les coups de coeur 2021 de L’Auto-Journal


La fin de l’année, c’est l’heure des bilans. Nos essayeurs ont jeté un petit coup d’œil dans le rétro de 2021. S’ils ne devaient ne retenir qu’une seule voiture, quelle serait-elle ? Avec humour, passion, enthousiasme, esprit visionnaire ou pratique, réalisme ou… pas, chacun a livré son verdict. Au final, notre palmarès est pour le moins hétéroclite : françaises, étrangères, électriques, thermiques, sportives, SUV et même utilitaire, il y en a pour tous les goûts.

Jean-Eric Raoul : Dacia Spring (a partir de 17 390 €)

Aller à l’essentiel : c’est le credo de Dacia. Lorsqu’il est question de voiture électrique, quand les autres se plaignent des surcoûts incompressibles, la Spring débarque à moins de 13 000 € (bonus déduit). En ville, elle se faufile comme aucune autre, puce joviale et dynamique, silencieuse, plutôt mignonne et tellement agile ! Au feu rouge, elle ne s’en laisse pas conter.

Elle ne vous fait pas le porte-monnaie pour vous vendre des tas de trucs inutiles. Ce qui ne l’empêche pas de proposer un GPS et une clim (manuelle), entre autres. Elle est juste géniale. J’en vois qui roulent des yeux effarés (y compris à la rédaction !).

Une voiture électrique minimale de 45 ch, peinant à atteindre 170 km d’autonomie, récemment gratifiée d’une seule étoile à l’EuroNCAP… Il a fumé quoi le red’chef ?! Je persiste et je signe. Dans notre monde automobile du toujours plus, la Spring se concentre sur l’essentiel : le cabotage quotidien. Sans cabotiner.

Et si ce n’est pas une bête d’autoroutes, loin de là, il serait même injuste de la cantonner aux centres-villes. Habitants des lotissements périurbains, où vous pourrez la charger le soir et faire les tournées boulot-courses-écolefoot-ciné la journée, elle sera votre deuxième voiture idéale. Elle offre en effet quatre vraies places (interdites aux basketteurs, certes), un coffre généreux, et un coût d’usage minimal.

Alors, oui, elle a des défauts. Des sièges trop hauts et trop durs, l’élan qui s’effondre passé 65 km/h, au point que lancer un dépassement à 80 km/h réclame de la bravoure. Il y a aussi cette direction incertaine au point milieu, ou ces suspensions qui détestent les ralentisseurs. Mais, à l’usage, on s’en accommode. Parions que ceux qui l’adopteront ne sauront plus s’en passer.

Guy L’hospital : DS 4 E-Tense 225 ch Rivoli (à partir de 47 200 €)

La première impression est souvent la bonne, dit-on. Lorsqu’en fin d’année 2020, à l’occasion de la toute première révélation du modèle, je m’installe dans une DS 4, je sens que la voiture me veut du bien. Sans même rouler. Il faudra attendre près d’un an pour confirmer cela au volant. En effet, la DS 4 joue la carte du bien-être à bord. Et si c’est ce que vous cherchez, vous ne serez nullement déçu. Garanti sur facture.

Pas besoin de lancer l’attelage hybride de 225 ch pour apprécier le confort. Cuir bracelet, planche de bord épurée, incrustations et commandes en métal guilloché, large écran central avec pavé tactile en partie basse pour l’utilisation des raccourcis, la DS 4 nage dans le premium. Au point de renvoyer les berlines compactes allemandes à leurs chères études.

Volant en mains et siège conducteur parfaitement ajusté, l’impression de confort est rapidement confirmée. La DS 4 et sa suspension par caméra effacent avec une facilité déconcertante tout ce que les roues rencontrent sur l’asphalte. L’insonorisation et la gestion des fréquences vibratoires sont au diapason. Évidement, ce parti pris n’est pas sans conséquences sur le comportement routier. Sain et équilibré, son châssis manque de mordant. La DS 4 accepte une conduite rythmée à condition que les gestes soient effectués avec précision et sans hésitation.

Elle résiste au roulis mais ne lui ferme pas la porte, tout comme elle gère la plongée au freinage, sauf en cas d’urgence. Bref, avec ses sièges aux multiples fonctions de massage, la DS 4 est plutôt de celles qu’on apprécie sur longue distance.

Mélina Priam : BMW Série 2 Coupé M240i 374 ch (à partir de 59 900 €)

Promis, je n’ai rien contre les voitures électriques. Certaines sont très sympas, spectaculaires et sensationnelles. Mais j’ai un souci : les plus puissantes me donnent la nausée à l’accélération. Il paraît que c’est un problème d’oreille interne. En revanche mon oreille externe, elle, se délecte de la mélodie du 6 cylindres en ligne BMW !

Ça fait monter mon taux de sérotonine, l’hormone du bonheur, mise à mal lors des confinements. Donc, si j’ai un mot du docteur… Je pourrais aussi argumenter que les SUV me donnent le vertige pour justifier mon choix. Même pas : j’assume préférer être à 20 cm du sol. Pourtant, j’adore la montagne !

Et sinon, il y aurait mille petites critiques à formuler sur le coupé Série 2 : qu’il a pris du poids et des centimètres (11 cm de plus) puisqu’il repose désormais sur le châssis du coupé Série 4 et non plus sur celui de la Série 1. Qu’il perd de son âme, s’embourgeoise à l’intérieur sans être plus spacieux ni pratique.

C’est ce qui lui permet de garder les attributs d’une propulsion (malgré une transmission intégrale) et son 6 en ligne ! Qu’il n’est pas aussi puissant qu’une Classe A AMG 45. C’est pour laisser de la place à une future M2. Que sa direction n’est pas assez informative. C’est vrai. Qu’il est hors de prix.

Vrai aussi, mais c’est également le cas de bien des voitures électriques sans que cela ne fasse sourciller personne. Qu’il n’est même pas “microhybridé”, le vilain ! Il n’y a pourtant pas de quoi crier au loup à la vue de sa consommation. Qu’importe après tout, il reste une formidable machine à sensations, une auto qui donne envie de prendre la route juste pour le plaisir de la conduite et du son, pour renouer avec ce doux et grisant sentiment de liberté. Rafraîchissant !

>> Retrouvez l’essai complet de Mélina Prima à ce lien

Cyril Biotteau : Cupra Formentor VZ5 390 ch (à partir de 59 990 €)

Le 5 cylindres de l’Audi RS 3 à peine dégonflé à 390 ch prend place dans le Cupra Formentor. De quoi le rendre délicieusement explosif, mais la fiscalité française lui met des bâtons dans les roues !

Même avant toutes les hybrides et électriques, un 5 cylindres avait déjà plus de charme qu’un classique 4 cylindres. D’autant que celui des Audi RS 3 et RS Q3 n’est pas n’importe lequel : il offre un tempérament volcanique à l’opposé des moteurs turbo linéaires barbants et il joue une bande-son digne de l’oscar. Il transforme le Formentor en vrai SUV de sport.

Le kilomètre départ arrêté est annoncé en 22,7 s : nous avons mesuré le même temps pour un Cherokee Trackhawk de 707 ch ! Ce n’est pas tout : le châssis a été optimisé avec des voies élargies, une garde au sol abaissée et une répartition de couple droite/gauche sur l’essieu arrière.

Ainsi paré, ce VZ5 se révèle bluffant d’agilité. C’est l’un des meilleurs SUV en termes de dynamisme. Et pour ceux qui ont des actions chez Michelin, il dispose d’une position drift ! Bref, ce Formentor régale son conducteur tout en ménageant un confort correct via la suspension pilotée bien calibrée.

L’intérieur présente bien et reçoit d’excellents sièges spécifiques. Le VZ5 crâne aussi avec un diffuseur arrière en carbone et 4 sorties d’échappement en diagonale assez originales, le tout pour “seulement” 59 990 €, soit à la louche 15 000  € de moins que les RS Q3 ou GLA 45 AMG.

Mais ce VZ5 totalement dépourvu d’hybridation va devoir affronter le malus écologique français maximal de 40 000 € en 2022, plafonné certes à 50% du prix de la voiture, soit 30 000 € ici. La note finale monte donc à près de 100 000 €! Si vous en croisez un immatriculé en France, faites un vœu !

Arthur Matal : Ferrari SF90 1000 ch (à partir de 423 514 €)

Une sportive hybride rechargeable de 1000 ch, vous y croyez ? Ajoutez que c’est Ferrari qui a engendré ce monstre, tous les voyants sont au “vert”… Malgré une fiche technique à se relever la nuit, c’est avec une légère retenue que je m’installe au volant de cette hybride rechargeable. Dès la mise en route, l’absence de bruit déconcerte. Tout comme le punch en mode électrique, dont les 220 ch ne sollicitent que les roues avant sur une vingtaine de kilomètres. Et je ne vous parle là que de la partie électrique et traction de cette Ferrari. Le meilleur reste à venir.

Le V8 thermique, dérivé de la F8 Tributo, réalésé à 4 l, développe, à lui seul, 780 ch. Après être sorti de la ville sans effaroucher le moindre passant, il est temps de passer du tout au tout, à savoir du mode eDrive au mode Qualify. Ici, la puissance atteint la bagatelle de… 1 000 ch ! La poussée, aussi démentielle qu’attendue, permet d’effacer le 0 à 200 km/h en 6,7 s.

Autant dire que les virages de la route de la Turbie, sur les hauteurs de Monaco, arrivent vite, exigeant de fait une sacrée dose d’humilité. Heureusement, cette SF90 offre un package électronique permettant au pilote lambda de ne pas se faire peur. Et c’est bien là le véritable tour de force. En dépit de ses 240 kg supplémentaires, cette SF90 évoque une F8 Tributo.

Le train avant se révèle diabolique de précision, et la boîte double embrayage à 8 rapports est probablement la meilleure du monde, en gestion comme en vitesse de passage. Au vu du confort de suspension et de la facilité de conduite, je ne lui reprocherais que la petitesse du coffre, tout juste suffisant pour emporter le câble de recharge, et donc incompatible avec de savoureux road trips à deux. À la question “À quoi ça sert 1000 ch ?”, j’ai désormais la réponse. À un infini plaisir

Nos « coups de coeur 2021 » sont à retrouver dans L’Auto-Journal n°1099 du 30/12/2021.

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