Alors que le marché européen des SUV compacts voit une concurrence toujours plus féroce, l’arrivée de nouveaux acteurs chinois ne passe pas inaperçue. Geely Auto, un nom déjà bien établi dans l’industrie automobile mondiale en tant que propriétaire de marques prestigieuses telles que Volvo, Polestar et Lotus, se lance à son tour sur le territoire français en 2026. Parmi ses deux propositions initiales, le Geely Starray EM-i 2026, un modèle hybride rechargeable, est désigné pour capter la majeure partie des ventes anticipées, environ 70 %. Dans un segment dominé par des références comme le Peugeot 3008 ou le Toyota RAV4, et où de nombreux constructeurs tentent de se démarquer, la question se pose : ce SUV familial chinois possède-t-il les arguments suffisants pour bouleverser l’ordre établi et apporter une réelle valeur ajoutée ? L’analyse méthodique de ses caractéristiques, de son comportement routier à son positionnement tarifaire, est cruciale pour évaluer son potentiel.
En bref :
Des dimensions généreuses : Le Geely Starray se positionne comme un grand gabarit dans le segment des SUV compacts, offrant une habitabilité arrière remarquable mais un volume de coffre modéré en usage courant.
Un intérieur fonctionnel mais sans éclat : L’habitacle présente une finition correcte et une ambiance chaleureuse, bien que son design extérieur et intérieur reste conventionnel, privilégiant la raison au coup de cœur.
Une ergonomie en demi-teinte : Des commandes physiques coexistent avec un système numérique perfectible, tandis que des bips d’aides à la conduite incessants peuvent altérer le confort et la sécurité à bord.
Un comportement routier perfectible : Le confort et la dynamique de conduite ne sont pas les points forts du Starray, avec une direction inégale et des réactions sèches qui n’inspirent pas la sportivité.
Une autonomie batterie électrique convaincante : Le modèle EM-i offre plus de 100 km d’autonomie en mode électrique, un atout majeur pour les trajets quotidiens.
Une motorisation hybride bruyante en mode « Power » : Malgré une puissance combinée notable, le mode « Power » du Starray se montre bruyant et moins performant que son équivalent électrique, avec une consommation alors déraisonnable.
Une charge rapide compétitive : Le Geely Starray se distingue par sa capacité de charge rapide, surpassant plusieurs concurrents directs sur ce point essentiel.
Un positionnement tarifaire attractif : Malgré quelques compromis, le prix du Starray en fait une offre financièrement séduisante face à la concurrence européenne. Pour une analyse plus détaillée, vous pouvez lire cet essai Geely Starray EM-i.
Le Geely Starray EM-i 2026 : un gabarit imposant dans le segment des SUV compacts
Le marché français continue de plébisciter les SUV compacts, un terrain de jeu où les constructeurs nationaux comme Renault avec l’Austral ou Citroën et son C5 Aircross, se disputent la vedette avec des géants étrangers tels que le Volkswagen Tiguan, le Toyota RAV4 ou le Hyundai Tucson. Dans cette arène déjà dense, Geely Auto fait son entrée en 2026 avec le Starray EM-i, une proposition hybride rechargeable qui, d’emblée, interpelle par ses dimensions. Avec 4,74 mètres de long, il flirte avec le segment supérieur, celui des SUV familiaux, le rendant moins agile en milieu urbain malgré les avantages de son hybridation.
Ce positionnement dimensionnel rappelle étonnamment le BYD Sealion 5, autre nouveauté chinoise. Le design extérieur du Starray adopte une approche résolument moderne et discrète, loin des audaces stylistiques de certains rivaux comme le Peugeot 3008 ou le Citroën C5 Aircross. Il s’agit clairement d’un achat dicté par la raison, où l’esthétique classique ne cherche pas le coup de cœur immédiat mais vise une acceptation large et une intégration harmonieuse dans le paysage automobile. L’objectif est de séduire par des arguments concrets plutôt que par une singularité visuelle.

Habitabilité généreuse et compromis sur le coffre
L’avantage notable de ce gabarit conséquent se manifeste pleinement à l’intérieur. L’espace aux places arrière est généreux, permettant à deux adultes de grande taille de voyager confortablement, sans contrainte de garde au toit ou d’espace pour les jambes. La place centrale, comme souvent, reste plus symbolique. Cette priorisation de l’habitabilité arrière est une caractéristique typiquement observée sur certains modèles d’origine asiatique, et le Geely Starray ne fait pas exception à cette règle. Pour plus d’informations sur ce véhicule, cet article de l’Auto Plus propose une perspective intéressante sur le Starray.
Cependant, cette générosité aux places arrière s’accompagne d’un compromis au niveau du coffre. Le volume annoncé de 528 litres est correct, mais il inclut l’espace sous le plancher, et la hauteur sous la tablette se révèle plutôt limitée. Néanmoins, une fois les sièges rabattus, le Starray se rattrape brillamment, offrant plus de 2 m³ de capacité de chargement, ce qui en fait un compagnon de route polyvalent pour les familles ayant besoin de transporter des objets encombrants.
Technologie embarquée et expérience utilisateur : entre familiarité et optimisation
L’intérieur du Geely Starray EM-i 2026 s’inscrit dans la même veine de discrétion que son design extérieur. L’agencement de l’habitacle est familier : un volant à deux branches, une instrumentation numérique logée dans un petit écran rectangulaire et, au centre, une grande tablette tactile de 15,4 pouces. Cette configuration pourrait aisément être celle d’un modèle BYD ou Leapmotor, ne se distinguant pas radicalement des autres propositions du marché. L’ambiance générale est cependant agréable, notamment dans la version d’essai, où les garnitures en cuir synthétique couleur caramel apportent une touche chaleureuse et flatteuse. La qualité des matériaux est au rendez-vous, avec des plastiques moussés sur les surfaces visibles et des ajustements précis, bien que le Sealion 5 puisse sembler plus raffiné dans les détails.
Ergonomie et aides à la conduite : une interface à apprivoiser
L’ergonomie du Starray présente des aspects positifs et négatifs. On apprécie la présence de commandes physiques pour certaines fonctions essentielles, notamment la climatisation, évitant ainsi un passage systématique par l’écran, contrairement à son homologue électrique, l’E5. Cependant, l’environnement numérique n’est pas des plus intuitifs. Il faut parfois s’y reprendre à plusieurs reprises pour localiser le bon menu ou sous-menu, particulièrement pour des systèmes plus complexes comme l’audio. Les innovations auto sont présentes, mais leur intégration demande un temps d’adaptation.
Concernant les aides à la conduite, si la possibilité de les désactiver est accessible, la persistance de bips incessants en roulant nuit considérablement au confort acoustique et peut même distraire, impactant ainsi potentiellement la sécurité. Il s’agit là d’un point sur lequel l’expérience utilisateur mériterait d’être affinée pour être à la hauteur des attentes du marché européen.
Performance et comportement routier du Geely Starray EM-i 2026 : un bilan mitigé
Sur la route, le Geely Starray EM-i 2026 ne parvient pas à se hisser au niveau des références établies du segment en matière d’agrément de conduite. La direction, par exemple, oscille entre une douceur excessive et une fermeté inopportune selon le mode sélectionné, sans jamais offrir le retour d’information précis que l’on attendrait d’un SUV compact moderne. Ce manque de linéarité peut rendre l’expérience de conduite moins engageante et moins rassurante, particulièrement sur des parcours sinueux. Ce constat souligne une marge de progression pour Geely en ce qui concerne l’optimisation des liaisons au sol de son SUV hybride rechargeable.
Le confort n’est pas non plus le point fort du Starray. Les réactions sèches de la suspension se font sentir à toutes les allures, des basses vitesses en ville aux trajets autoroutiers, altérant l’expérience des occupants. Cette fermeté des suspensions ne se traduit malheureusement pas par un comportement dynamique ou ludique. Au contraire, le véhicule se montre plutôt pataud, avec un roulis prononcé en virage et une motricité qui peut parfois faire défaut. Pour les conducteurs privilégiant avant tout l’agrément de conduite, le Starray risque de ne pas répondre aux attentes les plus exigeantes. En comparaison, son cousin électrique E5, construit sur la même plateforme, offre un compromis confort-comportement plus équilibré, se montrant plus moelleux sur les irrégularités de la chaussée.

Une motorisation hybride rechargeable aux promesses non tenues
Sous le capot, la motorisation hybride rechargeable du Geely Starray EM-i 2026 associe un moteur essence atmosphérique 1.5 de 100 ch à un bloc électrique synchrone à aimants permanents de 218 ch, pour une puissance cumulée de 262 ch. Cependant, les performances SUV réelles ne sont pas à la hauteur des chiffres. Le Starray déçoit en accélération, ne procurant pas la sensation de poussée attendue, notamment en comparaison avec le Geely E5 qui, malgré une puissance inférieure (218 ch), colle davantage les occupants au siège, probablement grâce à un couple plus élevé (320 Nm contre 262 Nm pour le Starray).
L’autonomie batterie électrique est en revanche un point positif majeur. Équipé d’une généreuse batterie de 29,8 kWh, le Starray promet 136 km d’autonomie électrique en cycle mixte. Lors de l’essai automobile, il a été possible de dépasser la barre des 100 km sans effort particulier en éco-conduite, ce qui est excellent pour les trajets quotidiens et l’utilisation urbaine. En revanche, le mode « Power » de l’hybridation se révèle particulièrement décevant. Outre une puissance qui ne se fait pas pleinement ressentir, il sollicite de manière excessive le moteur thermique, rendant ce dernier bruyant et omniprésent, même à basses vitesses. Cette sonorité excessive n’avait pas été observée à ce niveau depuis le Mitsubishi Outlander, et l’insonorisation moyenne du Starray n’arrange rien, surtout avec l’ajout du toit ouvrant panoramique dont l’utilisation est entachée par des bruits d’air désagréables. Pour un aperçu plus général sur les défis de cette nouvelle ère de véhicules, cette revue de l’innovation auto est pertinente.
Consommation et recharge : des atouts et des faiblesses
Le mode « Power » impacte également drastiquement la consommation, qui peut atteindre 10 l/100 km sans même rouler vite, un chiffre déraisonnable pour un véhicule hybride rechargeable et qui pourrait faire penser à un mode de recharge forcée. Heureusement, en repassant en mode « Hybrid » intermédiaire, la consommation retrouve des niveaux bien plus acceptables, sous les 7 l/100 km, voire proche des 6 l/100 km avec une conduite souple. Ce constat souligne l’importance de bien gérer les modes de conduite pour optimiser l’efficience du véhicule.
En matière de recharge, le Geely Starray tire son épingle du jeu. De série, il dispose d’un chargeur de 6,6 kW, nécessitant 4,6 heures pour une recharge de 25 à 100 %. Mais là où il excelle, c’est sur la charge rapide DC, offrant jusqu’à 60 kW en pic sur la finition haut de gamme Max+ (30 kW sur les versions inférieures). Ce niveau de puissance permet de récupérer 30 à 80 % de la batterie en seulement 16 minutes, se positionnant favorablement face à des concurrents comme le Jaecoo 7 (40 kW) et surclassant le BYD Sealion 5 qui ne propose pas de charge rapide DC et se contente d’un chargeur AC de 3,3 kW. Seul le Leapmotor C10 REEV fait légèrement mieux avec 65 kW.
Positionnement tarifaire : le Geely Starray EM-i, une offre à considérer
Le dernier argument en faveur du Geely Starray EM-i 2026 réside dans son positionnement tarifaire. Bien qu’il ne crée pas de fossé abyssal avec ses concurrents directs sur ce point, il reste une proposition attractive. La version haut de gamme Max+, richement équipée, est affichée à 38 990 €, avec un malus masse raisonnable de 1 160 €. À titre de comparaison, le Jaecoo 7 se situe autour de 37 990 € (hors malus) et le Leapmotor C10 REEV entre 37 400 € et 38 900 €. Le BYD Sealion 5 reste le plus abordable, démarrant à 30 990 €.
Cependant, face à la concurrence européenne, qui voit ses modèles similaires débuter bien au-delà de 40 000 €, le Starray représente une opportunité financière non négligeable. Malgré quelques faiblesses en termes de dynamisme de conduite et de gestion des nuisances sonores du moteur thermique, son excellent rayon d’action électrique, sa charge rapide compétitive et son habitabilité généreuse, combinés à un prix agressif, en font un challenger crédible dans le paysage des voitures électriques et hybrides rechargeables de 2026.









