Les bornes de recharge pour véhicules électriques en France affichent des tarifs très disparates, allant jusqu’à une multiplication par cinq pour une même recharge selon une récente étude menée par l’association Que Choisir Ensemble. Ce constat met en lumière une jungle tarifaire où l’opacité règne, rendant difficile la comparaison des coûts pour les usagers. Alors que la mobilité électrique s’impose comme un pilier de l’économie verte, ces variations de prix creusent une inégalité tarifaire qui freine son adoption généralisée. De la N19 en Haute-Marne aux grandes zones urbaines, les écarts de tarifs sur les bornes publiques atteignent parfois près de 500 %, et les consommateurs peinent à anticiper le coût de leur recharge.
Le constat est alarmant : les prix au kilowattheure varient considérablement selon l’opérateur, la carte de paiement ou l’application utilisée, avec des montants oscillant entre 0,30 et 1,78 euro/kWh sur un même point de recharge. Ces différences se traduisent par un coût moyen de recharge situé autour de 10,8 € pour une recharge de 20 kWh, mais pouvant s’envoler jusqu’à 35,6 € dans certains cas, soit plus de trois fois plus cher que la moyenne, et presque dix fois le prix d’une recharge domestique réglementée. L’association appelle à une régulation urgente du secteur afin d’harmoniser les tarifs et de renforcer la transparence, notamment par l’instauration d’un système d’affichage clair des prix et la généralisation du paiement par carte bancaire. Ces mesures viseraient à limiter la multiplication des prix et à garantir un accès équitable aux bornes de recharge.
Des écarts de tarifs qui fragilisent la confiance dans la mobilité électrique
Le réseau progressant rapidement, avec près de 185 500 points de recharge publics recensés fin 2025 en France – une hausse de 130 % par rapport à 2022 – l’augmentation exponentielle des infrastructures ne s’accompagne pas encore d’une égalité d’accès ni d’une lisibilité tarifaire satisfaisante. En zone urbaine, où la demande est forte, la différence moyenne entre le tarif le plus bas et le plus élevé atteint 126 %, traduisant un véritable casse-tête pour le consommateur qui doit comparer des grilles tarifaires très complexes.

L’exemple concret d’une borne située à Langres en Haute-Marne illustre bien ce paradoxe : selon Que Choisir Ensemble, le tarif peut varier de 0,30 à 1,78 euro/kWh sur la même station, en fonction du moyen de paiement utilisé. Sur autoroute, malgré une minorité moins grande de points, la variation moyenne des prix reste élevée à 72 %, ce qui impacte directement le coût des trajets longue distance. Ces inégalités tarifaires déroutent les utilisateurs et compliquent la planification de leurs dépenses liées à la recharge. En parallèle, l’association met en avant l’absence d’une information fiable et centralisée, aggravant ce sentiment d’opacité.
Complexité et manque de transparence, un frein pour l’économie verte
L’opacité des modalités tarifaires sur les bornes ne se limite pas au seul prix au kilowattheure. S’y ajoutent des frais fixes, des coûts à la minute, voire des frais de stationnement qui varient selon les opérateurs. Cette multitude de paramètres empêche toute comparaison efficace, handicapant le consommateur dans ses choix et légumes d’adoption de la mobilité électrique.
Que Choisir Ensemble suggère la création d’un site public recensant les tarifs des bornes, un affichage clair et harmonisé des prix ainsi que la généralisation du paiement par carte bancaire. Ces mesures auraient aussi pour effet d’améliorer la compétitivité des offres et de réduire la multiplication des prix qui nuit à la visibilité du marché et à la démocratisation des véhicules électriques.
Des problèmes d’accès et d’infrastructures qui s’ajoutent à la problématique tarifaire
Au-delà des coûts, la qualité de service des bornes constitue une autre lourde entrave à la mobilité électrique. De nombreuses bornes sont fréquemment en panne, notamment en périodes de forte affluence comme les ponts du mois de mai, ce qui met en lumière des lacunes dans la maintenance et le suivi du parc.
L’association souligne également des disparités territoriales marquées. Plus préoccupant encore, l’habitat collectif représente un angle mort majeur. Environ la moitié des Français vivant en appartement, seuls 6 % des immeubles avec parking en copropriété disposent aujourd’hui d’une borne. Cette situation freine l’adoption des véhicules électriques dans un segment de population important et appelle à des incitations spécifiques, comme celles évoquées dans les initiatives sur l’installation de bornes en copropriété.










