Suzuki Jimny VU vs Jeep Renegade 4xe : baroudeurs sans malus !

Suzuki Jimny VU vs Jeep Renegade 4xe : baroudeurs sans malus !

Ils font tous les deux figure de dernier des Mohicans sur le marché des petits 4×4 aux allures de baroudeurs. Et pourtant ils parviennent à échapper au malus, chacun à leur façon. Quels sont les secrets des deux SUV urbains préférés des français ?

Avec leur look (néo ?)-rétro et leur garde au sol importante, les Suzuki Jimny et Jeep Renegade font clairement partie des SUV urbains les mieux taillés pour l’aventure. Tous deux profitent en outre d’un succès à la hauteur de leur capital sympathie. Mais ils partagent aussi un petit obstacle commun : le malus écologique, devenu rédhibitoire en 2021.

En l’occurrence, le Suzuki Jimny n’a jamais été épargné par le malus. Pourtant, dès sa présentation en 2018 les commandes se sont littéralement arrachées au point que Suzuki ait dû stopper sa commercialisation pour cause de délai de livraison trop importants (jusqu’à plus de 2 ans !).

Mais il y a une limite à tout. S’il était resté tel quel au catalogue, le Jimny aurait été pénalisé par 5.106 euros de malus en boite manuelle et par 13.682 euros en boite automatique (respectivement 3.850 et 10.000 euros en 2020). De quoi faire réfléchir au regard de son tarif… Heureusement Suzuki a trouvé une solution en proposant désormais le Jimny en version utilitaire (VU). Pas de malus ! Juste un bon de commande de 20.490 euros à signer. La bonne affaire !

Alors quid de la concurrence directe ? C’est simple, il n’y en a pas ! Dans le même esprit baroudeur, l’offre la plus proche est le Jeep Renegade. C’est le plus petit modèle de la gamme Jeep. Et assurément un autre best-seller en Europe avec 80.000 exemplaires vendus en 2019.

Pour le coup, inutile de le prendre en version utilitaire puisque Jeep le propose désormais en version 4xe. Autrement dit, le Renegade profite d’un système hybride rechargeable, qui lui permet d’échapper au malus. Mieux, il accède même à un bonus de 1.000 euros ! Alors évidemment, il ne joue pas tout à fait dans la même catégorie. Le Renegade 4xe est bien plus cher (38.700 euros). Mais il est aussi plus « civilisé » (notez que le Wrangler est plus cher que le Renegade et en 4xe il n’est proposé qu’en version Unlimited 5 portes). Bref, la question qui se pose donc est : « quel est celui qui vous conviendra le mieux ? ».

Différence de taille ! 

Phares ronds, calandre à fentes verticales et couleur « vert militaire ». Il y a de quoi se demander si les designers Suzuki n’auraient pas un peu puisé leur inspiration chez Jeep… Comment ne pas penser à la mythique Wyllis face à ce mignon Jimny ?

Mais à ce compte, le constructeur japonais aurait peut-être dû s’inspirer davantage des nouvelles Jeep pour concevoir son habitacle. Le tableau de bord du Jimny fait pâle figure face à celui du Renegade. L’ambiance est austère, les matériaux sont rigides et peu flatteurs. C’est rustique, comme on n’en fait plus. Mais finalement, cela a son charme. Dans le détail, pas sûr que la connexion Bluetooth suffise – pour certains – à faire oublier le grand système multimédia du Renegade. Il faut dire que ce dernier se révèle particulièrement bien pensé. Un look baroudeur, moderne et sympathique.

Côté format, avec 3,65 m de long le Jimny est clairement taillé pour se faufiler en ville. C’est même l’une de ses qualités premières. En revanche, le Renegade se révèlera évidemment bien plus accueillant avec ses 4,24 m. En effet, lui ne sacrifie en rien sa polyvalence, contrairement au japonais qui impose désormais de composer avec l’absence de banquette arrière.

Strict deux places, le Jimny offre ainsi un espace de chargement de 377 litres. Mais le Jeep n’est pas loin avec ses 330 litres (dossier des sièges en position verticale). En effet, le coffre du Renegade 4xe est à peine pénalisé par la présence du moteur électrique et de la batterie. Par contre la capacité du réservoir est réduite de 45 à 36 litres, ce qui peut s’avérer plus gênant.

Enclume branchée ou poids plume rustique ?

Rouler en Jimny revient à effectuer un véritable bond dans le passé. Direction floue, commandes dures, confort spartiate… On l’a déjà dit, mais encore une fois c’est très rustique !  A son volant, on constate immédiatement que son châssis échelle avec essieux rigides est bien plus adapté au baroudage que pour affronter les routes sinueuses où il souffre de mouvements de caisses importants. En effet, le Jimny est à la fois haut et étroit. Au moindre coup de volant, ça gigote beaucoup !

Néanmoins, quel plaisir de rouler au volant d’un petit 4×4 si léger ! 1.090 kg seulement sur la balance. Un véritable poids plume. On le sent dès les premiers tours de roues. Cela permet en outre de préserver un niveau de confort satisfaisant, sans excessivement affermir la suspension. Cela lui permet aussi de se contenter d’un tout petit moteur : quatre cylindres 1.5 litre atmosphérique de 102 ch. Un moteur à l’ancienne, offrant des performances un peu justes (0 à 100 km/h en 12,2 s) mais une consommation moyenne correcte : 6,8 l/100 km. Dommage par contre que la boite mécanique soit dépourvue d’un sixième rapport. Difficile dans ces conditions de faire de la route tant le niveau sonore devient important dès 110 km/h. Et la consommation elle aussi en pâtie.

Pour sa part, le Renegade signe pratiquement un sans-faute. Les prestations routières sont excellentes. Les mouvements de caisse sont bien maintenus et pourtant la suspension se révèle particulièrement confortable. On apprécie évidemment aussi de pouvoir circuler en 100% électrique en ville. Son seul problème : son poids ! 1.845 kg sur la balance. Oui vous avez bien lu ! Il faut donc des moteurs à la hauteur pour mouvoir l’ensemble comme il se doit.

En l’occurrence sous le capot, le Renegade 4xe abrite un 4 cylindres essence 1.3 litre proposé en deux niveaux de puissance : 130 ou 180 ch selon la finition choisie. Celui-ci est épaulé par un moteur électrique de 60 ch, installé sur l’essieu arrière. Et sous le plancher, la batterie lithium-ion d’une capacité de 11,4 kWh offre une autonomie théorique de 50 km en cycle WLTP (plutôt une quarantaine en pratique). En termes de puissance combinée, on dispose alors de 190 ch et jusqu’à 240 ch pour la version la plus haut de gamme (notre modèle d’essai).

Cela ne fait pas de notre Renegade 4xe un foudre de guerre. Mais dans ces conditions, le poids se fait pratiquement oublier. En effet, si en ville celui-ci s’en sort bien, en revanche on sent un peu d’inertie sur axes routiers. Sur papier pourtant, les chiffres sont impressionnants : grâce au couple maxi du moteur électrique délivré instantanément, le 0 à 100 km/h ne demande alors que 7,1 secondes. Tout cela, avec une consommation en mode hybride d’environ 2 l/100 km en cycle WLTP, correspondant à des rejets de CO2 de 50g/km seulement.

Le Jimny ne peut clairement pas lutter sur route ouverte, que ce soit en agrément ou en efficacité. Mais il pourrait bien se révéler difficile à suivre en tout chemin. Même pout une Jeep…

Qui est le meilleur 4×4 ?

Le Jimny est toujours proposé avec deux types de boites de vitesses : manuelle ou automatique. Mais dans les deux cas, on dispose aussi d’un deuxième levier de vitesses permettant d’enclencher la gamme de rapports courts. En clair, son look reflète parfaitement ses performances : c’est un véritable franchisseur, pur et dur. Et son atout est encore une fois son poids. Quelles quoi soient les conditions, la motricité reste excellente. Et bien aidé par sa garde au sol importante il passe partout, sans jamais donner l’impression de forcer.

Côté Jeep, le système 4xe fait du Renegade un véhicule 4 roues motrices, en toutes circonstances. On peut sélectionner d’un clic le type de surface sur lequel on évolue : Auto, Sport, Neige, Sable / Boue et Roche. Le système propose même des configurations plus pointues : Hybrid 4×4, 4×4 Low et 4WD Lock (verrouillage des 4 roues motrices). Encore mieux : une petite molette permet d’enclencher un mode 4 roues motrices avec gamme de rapports courts. Selon Jeep, le Renegade 4xe serait même plus efficace en tout-terrain que son équivalent thermique, grâce à une répartition plus précise du couple.

En effet, la motricité sur notre parcours d’essai difficile s’est révélée impressionnante, malgré ses pneumatiques « civilisés ». Le poids reste encore une fois son principal défaut. Mais c’est surtout sa garde au sol qui ne lui a pas permis de suivre notre Jimny sur les passages les plus chaotiques. Heureusement que celui-ci est équipé de série de plaques de protection en acier, car ça frotte facilement !

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