Essai GPL : la Dacia Duster face au Renault Captur

Essai GPL : la Dacia Duster face au Renault Captur

Un SUV, cela n’a pas que des qualités. Plus lourd et moins aérodynamique qu’une berline, ce genre de véhicule n’est effectivement pas l’archétype de l’engin vert… sauf à choisir une variante hybride ou électrique, dépassant les 30 000 €. Hors de prix pour beaucoup d’entre nous. Mais il existe une solution moins coûteuse pour rendre ces “baroudeurs” plus vertueux : le GPL. Ce mélange de butane et de propane, réputé moins polluant que le sans-plomb côté particules et NOx (oxydes d’azote), permet aussi d’abaisser d’environ 10 % les émissions de CO2. Un atout pour le client – avec un éventuel malus minimisé – et pour le constructeur, qui abaisse ainsi son bilan carbone et limite les amendes de l’Union européenne en cas de dépassement des 95 g/km. Renault a donc mis au point une variante bicarburation de son 3-cylindres 1.0 TCe 100 ch, proposé sur toute la gamme Dacia, ainsi que sur ses Clio et Captur.

Tarifs : Un Dacia Duster 7 000 € moins cher

Ces modèles sont proposés au même tarif que les TCe 100 ch buvant uniquement du sans-plomb, quand l’adaptation est habituellement facturée autour de 700 € (environ 2 000 € chez un indépendant). De plus, avec une carte grise gratuite ou à demi-tarif dans quasiment tous les départements français, ces modèles permettent d’économiser à l’achat et de continuer à le faire dès les premiers kilomètres puisque le GPL, peu taxé, se trouve entre 0,80 et 0,90 € le litre. De quoi largement compenser une consommation augmentée de 25 à 30 % par rapport au sans-plomb. Aucune raison d’hésiter, d’autant que les contreparties sont acceptables. Absence de roue de secours (le réservoir de gaz loge à sa place), autonomie réduite due aux seulement 32,5 l de gaz dans le Captur et 34 l dans le Duster, et, enfin, un réseau de distribution limité à 1 700 pompes dans l’Hexagone. Rien de dramatique puisque l’on peut toujours rouler au SP95. Mais le Renault Captur GPL (à partir de 21 200 €) mérite-t-il, à équipement à peu près comparable, d’investir 7 000 € de plus que le Dacia Duster disponible dès 12 490 € ? C’est ce que nous avons voulu vérifier…

Le Dacia Duster garde pour lui un prix d’accès exceptionnellement bas, même en version GPL. © Christophe Congrega

Sur la route : Des prestations similaires

À l’usage, il n’y a pas de différence réelle puisque nos deux SUV cachent leur orifice de remplissage GPL à côté de celui de SP95, dans la trappe à carburant. Les deux démarrent au sans-plomb, avant de basculer au GPL après quelques dizaines de secondes, le temps de chauffer les cylindres. Et un bouton au centre de la jauge de gaz – peu précise – à cinq diodes permet de passer d’un carburant à l’autre.

Sur la route, le Renault Captur est mieux insonorisé que le Dacia Duster.
Sur la route, le Renault Captur est mieux insonorisé que le Dacia Duster.© Christophe Congrega

Sur la route, le Renault Captur fait un peu mieux que le Dacia Duster. Ce dernier avoue plus de bruits d’air dès 110 km/h, une direction un peu trop assistée pour bien ressentir l’état d’adhérence (la fonction de personnalisation My Sense du Captur en finition Intens permet de diminuer l’assistance), tandis que le SUV au Losange est doté d’une commande de boîte à 5 vitesses moins accrocheuse. Côté châssis, pas de différence notable avec une efficacité de bon niveau, doublée d’une excellente stabilité en toutes circonstances. On note, dans les deux cas, des suspensions progressives sur route, mais trépidantes aux basses vitesses. La faute, en partie, aux roues de 18 pouces imposées en Intens sur le Renault. Le Dacia permet, lui, de minimiser cela en choisissant les roues de 16 pouces (remise de 150 €) au lieu des 17 pouces de série.

Moteur : Le Renault Captur un poil plus sobre

Avec des poids très proches (20 kg de moins pour le Dacia Duster), leurs performances, correctes pour un 3-cylindres 1.0 d’entrée de gamme, se tiennent dans un mouchoir de poche. Il suffit de rétrograder en 4e pour doubler en sécurité, d’autant qu’on profite d’un couple plus élevé (170 Nm contre 160 Nm au SP95) grâce au taux d’octane supérieur du GPL, qui permet au turbo de souffler plus fort. Ce couple est disponible plus tôt, dès 2 000 tr/mn contre 2 750 tr/mn sinon, améliorant les reprises en carburant au gaz. Seule différence : 10 cm plus haut donc moins aérodynamique, le roumain utilise une transmission plus courte et consomme donc davantage : + 0,5 l/100 km de sans-plomb en moyenne, et + 0,8 l/100 km de GPL. Pas de quoi mettre en péril son budget…

Habitacle : Esthétisme ou pragmatisme

En revanche, à bord, c’est le jour et la nuit entre les deux. Comme toujours chez Dacia, les plastiques durs inspirent plus la solidité que le raffinement grâce à des assemblages rigoureux. Mais si vous êtes sensible aux apparences, impossible de ne pas lui préférer le Renault Captur, où tout ce que la main peut toucher est, dans cette finition Intens, constitué de matériaux souples et ­valorisants en partie haute. Le SUV du Losange vous donne aussi davantage le sourire avec de la couleur et de nombreuses possibilités de personnalisation, tandis que dans le Duster… noir c’est noir. Mais côté Dacia Duster, avec un gabarit généreux et des lignes carrées, il y a plus d’espace à bord, tant en largeur aux places arrière qu’au niveau du coffre (390 dm3, soit 70 dm3 de plus que celui du Renault Captur). De quoi satisfaire les familles, même si le Captur propose une modularité plus aboutie avec une banquette coulissant sur 16 cm permettant de jouer avec un espace… moins généreux.

Renault a fait un gros effort sur la présentation et la qualité perçue sur le Renault Captur.
Renault a fait un gros effort sur la présentation et la qualité perçue sur le Renault Captur.© Christophe Congrega

Equipement : Le Dacia Duster en retrait

Côté équipement, si le Dacia Duster n’oublie rien d’essentiel, on ne bénéficie pas des derniers raffinements du moment. Il faut se contenter d’un GPS moins élaboré (bien qu’efficace), dont l’écran tactile de 7 pouces, placé un peu bas, s’avère moins réactif que celui du Renault Captur (7 pouces de série, 9,3 pouces présenté ici à 800 € avec la caméra de recul et les radars avant de stationnement). Doté d’une belle définition, le système Easy Link du Renault est facile d’emploi, avec une commande vocale efficace, et il est connecté. De quoi permettre à la cartographie d’être à jour, d’afficher la météo ou le prix des carburants…

Le Dacia Duster ne peut cacher son côté rustique, ni son équipement moins fourni que le Renault.
Le Dacia Duster ne peut cacher son côté rustique, ni son équipement moins fourni que le Renault.© Christophe Gasco

Le Renault Captur marque aussi sa différence avec une dotation ­sécuritaire plus conséquente, notamment grâce à une caméra doublée d’un radar moyenne portée surveillant ce qui se passe sur la route. Il bénéficie d’une alerte de franchissement de ligne avec aide au maintien dans la voie, d’un freinage automatique d’urgence (détection véhicule, piéton et vélo…) ou encore de la lecture des panneaux avec alerte de survitesse. Le Duster fait moins de chichis et plaira davantage aux pragmatiques.

Verdict

Avec un budget carburant abaissé d’environ 20 % par rapport au sans-plomb, donc pas si éloigné de celui d’une variante diesel facturée au bas mot 2 000 à 2 500 € plus cher, ces deux SUV carburant au gaz sont d’excellentes affaires, d’autant que le groupe Renault vous procure l’adaptation GPL d’usine. Mais si objectivement le Captur en offre beaucoup pour un tarif restant acceptable, le Duster, affiché quasiment 7 000 € de moins, en donne comparativement tellement plus pour son argent ! On peut craquer sur la ligne plus moderne, les détails léchés, l’intérieur nettement plus soigné, et les équipements de sécurité dernier cri du Renault Captur. Mais le rapport prix/prestation du Dacia Duster demeure objectivement imbattable, notamment depuis que sa deuxième génération a éradiqué les impasses faites sur le confort des sièges et l’insonorisation du premier Duster. C’est vous qui voyez en fonction de votre portefeuille… et de votre envie, mais dans les deux cas, pas de mauvais choix.



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