Notre essai mesuré de la Mazda 3 Skyactiv-X : Sobriété encourageante

Notre essai mesuré de la Mazda 3 Skyactiv-X : Sobriété encourageante

Si vous êtes un fidèle lecteur de L’Automobile Magazine, la technologie Skyactiv-X vous dit forcément quelque chose. Si ce n’est pas le cas : honte à vous ! Bon, on plaisante, alors si vous avez raté un épisode, rembobinons un peu. Il y a deux ans, Mazda nous avait conviés à essayer un prototype de moteur essence utilisant la technologie SPCCI pour Spark Controlled Compression Ignition. Pour ceux qui roupillaient à côté du radiateur pendant les cours d’anglais, cela pourrait se traduire par « allumage par compression contrôlé par bougie ».

Le secret dans l’allumage

En clair, ce moteur est capable de marier ce qui fait la principale différence entre un moteur essence classique et un diesel. Dans le premier, la combustion du carburant dans les cylindres s’opère grâce à une explosion provoquée par un arc électrique généré par une ou plusieurs bougies (allumage commandé). Dans un diesel, c’est l’augmentation de la pression dans la chambre de combustion qui entraîne l’inflammation du carburant (allumage spontané). De fait, le 2.0 180 ch essence de cette Mazda 3 alterne entre les deux, selon le régime moteur et la pression sur l’accélérateur. En outre, il est aussi capable de fonctionner en mélange pauvre (quand la quantité d’air est plus importante que la quantité nécessaire à une combustion théoriquement complète) et donc de consommer peu… sur le papier.

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© Mazda

Si nos mesures sous protocole ISO 9001 relèvent des valeurs plutôt flatteuses, pour être honnêtes, nous en attendions encore mieux. Certes, avec 7,1 l/100 km de super réclamés en moyenne (6,8 l/100 km pour une Peugeot 308 BlueHDi 180 ch avec une boîte automatique à huit rapports), cette Mazda 3 est tout sauf un gouffre. Mais elle déçoit un peu en ville où, malgré la présence en complément d’un système d’hybridation légère par alterno-démarreur, Bruno Servant, notre expert, a relevé 7,6 l/100 km. Le ratio consommation/performances est bon, sans être exceptionnel, la faute à la boîte 6 à l’étagement long et surtout à une particularité que la plupart des moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : le moteur est atmosphérique.

Fonctionnement « à l’ancienne »

Il ne faut donc pas hésiter à lui « rentrer dedans », ce qui signifie aller chercher la puissance dans les tours, chose dont beaucoup de conducteurs, habitués à la suralimentation, n’ont plus l’habitude. À de nombreux égards, ce côté « à l’ancienne » n’est pas déplaisant. Tout d’abord parce que cela réclame au conducteur davantage d’implication au volant et qu’il est récompensé pour cela. Monument de précision, rapide, la commande de la boîte à six vitesses donne envie sans cesse de faire joujou. C’est une marque de fabrique chez Mazda dont devraient s’inspirer bien des constructeurs.

Stop & Start épatant

Au passage, notez que l’alterno-démarreur n’y est pas pour rien : en freinant le moteur une microseconde à la montée des rapports (pour recharger la petite batterie Lithium-ion de 0,216 kWh), il lisse les passages de vitesses. Il assure aussi une fonction Stop & Start épatante. Au feu vert, appuyer sur la pédale d’embrayage pour passer la première et repartir s’opère de façon totalement transparente. Enfin, cette Mazda 3 Skyactiv-X convainc par sa discrétion à l’usage en ne donnant jamais trop de voix.

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Dommage que cette douceur mécanique ne s’accompagne pas de meilleures manières. À trop vouloir viser le compromis entre confort et comportement routier, la Mazda 3 présente un bilan mitigé. Côté dynamisme, elle ne fait pas référence avec une direction filtrant trop les sensations et un train avant qui rend vite les armes, surtout sur chaussée humide, tandis que l’amortissement peine à effacer les petites imperfections du bitume, phénomène amplifié par la monte pneumatique de notre modèle d’essai. Côté conduite, la nippone ne tient donc pas toutes les promesses que sa ligne dynamique suggère.

Un écran non tactile

Au moins, le conducteur se consolera au volant avec une présentation à la fois soignée et vraiment personnelle. Mention spéciale aux jolies touches sur le volant à l’aspect aluminium rappelant une chaîne Hi-Fi haut de gamme, même si elles réclament un temps d’accoutumance. Il faut aussi se faire à l’idée que l’écran central multimédia n’est pas tactile… et que les passagers arrière ne seront pas forcément aussi positifs. Avec son gabarit très généreux pour une compacte (4,46 m quand la moyenne tourne autour des 4,30 m), la Mazda 3 est suffisamment spacieuse, mais l’énorme montant à l’arrière gênera les claustrophobes.

L’embarras du choix

Mais c’est un parti pris de Mazda qui décidément n’aime pas faire les choses comme les autres. Cela vaut aussi pour la gamme. En plus d’avoir la possibilité d’opter pour une boîte automatique (+ 2 000 €), cette Mazda 3 est une des rares compactes à pouvoir aussi être associée à une transmission intégrale (+ 1 800 €). Mais attention, ces deux formules (cumulables) mettent une touche de wasabi à un tarif déjà épicé (à partir de 30 700 €, prix novembre 2019) avec, en contrepartie, une dotation à la japonaise, autrement dit complète.

 

Notre verdict

Cet inédit moteur Skyactiv-X s’en rapproche mais n’atteint pas encore la sobriété d’un diesel. Et son caractère « à l’ancienne » ne plaira pas à tous.

 

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