alors, Peugeot, cet aileron ? - Automag.fr

alors, Peugeot, cet aileron ?

Une neuvième place qui fait du bien ? A l’issue de sa première sortie en championnat du monde d’endurance (WEC), l’évolution de la Peugeot 9×8 a ramené quatre points des 6 Heures d’Imola. Cette version 2 de l’Hypercar, lancée près de deux ans après le début officiel du programme, entend aider le Lion à se rapprocher de l’avant-scène. Cette fois, avec un aileron arrière. 

Lancée en compétition à l’été 2022, la 9×8 se singularisait jusqu’ici par son originalité aérodynamique. La version « garantie sans aileron arrière » était pénalisée par son étroite fenêtre d’utilisation. Très dépendante de l’appui généré par son fond plat, elle fonctionnait sur les tracés lisses, mais souffrait par exemple dès que l’assiette était perturbée. Cette nouvelle 9×8 désormais dotée d’un élément mobile à l’arrière pourra fonctionner de manière optimale dans davantage de circonstances, en fonction de la météo, du trafic, de l’agressivité des vibreurs ou de l’état de la piste. 

Mais pour l’équipe, la vraie différence ne réside pas dans l’apparition d’un aileron arrière. « Pour nous, le plus gros changement, ce sont les pneus » explique Olivier Jeansonnie, directeur technique de l’équipe. Jusqu’ici, la Peugeot était équipée d’une monte identique aux quatre coins. Dorénavant, comme toutes les autres Hypercars, elle est dotée de gommards plus larges à l’arrière qu’à l’avant. Par ailleurs, le moteur électrique placé sur le train avant participe désormais à l’accélération à partir de 190 km/h au lieu de 150 km/h (1). 

Et si l’on prend la trace GPS de la voiture, que découvre-t-on ? « L’an dernier, on était assez lents en ligne droite et je pense qu’on a fait des progrès là-dessus, résume Loïc Duval, pilote de la Peugeot n°94. Sur des freinages bosselés, l’aileron nous permet de récupérer plus vite l’appui que par le sol. Mais pour moi, la différence se fait au niveau des pneumatiques. Ils nous donnent plus de stabilité sur les phases d’entée ou plus de traction en sortie. On a plus de constance et moins de dégradation sur un relais complet. Mais cela ne sera pas « Euréka, on a trouvé, tout va bien », il y a une phase d’apprentissage mais la voiture est un vrai pas en avant par rapport à l’ancienne »

« On ne repart pas de zéro »

« Avoir de nouveaux pneus change la répartition des masses, le fonctionnement aérodynamique, donc c’est presque un tout nouveau concept » poursuit le patron technique de l’équipe tricolore. Heureusement, l’expérience acquise avec la version 1 aidera : « On ne repart pas de zéro, mais il faut réapprendre la partie réglages, la bonne utilisation des pneumatiques (…) L’ancienne voiture était limitée en performance, mais nous avions une bonne idée de son fonctionnement ». Après un hiver de tests – la voiture fut « surprise » pour la première fois au Paul-Ricard juste avant Noël – restait à mesurer les performances de la 9×8 lors d’un week-end de course. 

Conditions réelles

Le samedi soir, il y avait de quoi être d’humeur un peu chagrine. « Nous avons introduit une voiture qui est meilleure à tous points de vue. Nous sommes 14e et 15e en qualifications. C’est un peu difficile à avaler ». Le pilote français Jean-Eric Vergne (Peugeot n°93) ne cachait pas son déplaisir devant les feuilles de temps. 

Nuançons. La balance de performance, égalisant les performances des voitures, a pesé lourdement. Sur le tracé romagnol, l’Hypercar au Lion pesait 1 061 kg, soit 20 kg de plus que la Ferrari 499P. Sa puissance était également plafonnée à 693 ch. « On ne s’attendait pas à ce que le système soit aussi dur avec nous » reconnaissait d’ailleurs Olivier Jeansonnie avant les essais. La facture devrait être moins salée pour les prochaines manches, maintenant que les instances vont disposer de davantage de données sur la voiture. 

Et le dimanche ? Dur mais intéressant.  

La Peugeot n°93 alors menée par Nico Müller a subi quelques « bugs » dans la première heure : « J’ai été contraint de faire un reset » explique le pilote suisse. Selon les tableaux, il a perdu 28 secondes et deux places dans l’affaire, laissant provisoirement filer l’Isotta Fraschini et de la meilleure Alpine. Puis la voiture a été retardée par un peu de confusion aux stands : « On ne peut pas trouver d’excuse. On se rapproche du Mans et on doit performer » explique Jean-Eric Vergne. 

« En termes de traction, c’est beaucoup mieux qu’avant. Avec l’ancienne voiture, je ne pouvais pas m’appuyer sur le vibreur en sortie de virage sans faire patiner les roues arrière. Maintenant, je peux ». Le Francilien en a profité pour aligner un relais très convaincant quand la pluie s’est mise à tomber sur le tracé romagnol. Il n’avait jamais roulé avec la nouvelle voiture sur le mouillé. La neuvième place finale, à deux tours de la Toyota victorieuse, demeure satisfaisante dans ce contexte. La meilleure 9×8 termine devant la Lamborghini, la Cadillac ou les Porsche Jota. 

De l’autre côté du box, on n’était pas fâché de quitter Imola. La Peugeot n°94, pilotée par Paul di Resta a subi une collision générée par une Alpine dès les premiers mètres de l’épreuve, la contraignant à deux arrêts imprévus pour remplacer les capots avant et arrière. « La course était un peu finie à partir de là » concède Olivier Jeansonnie. Mais les ennuis, eux, n’étaient pas terminés. La voiture a ensuite été ralentie par des ennuis de vérins hydrauliques lors de ses arrêts au stands. L’équipe a été contrainte de soulever la voiture avec des gonfleurs soulever la voiture. Enfin, une grosse crevaison est survenue alors que Loïc Duval se trouvait au volant, éclatant le capot avant. 14e place finale. Dure journée… 

« Nous étions à 1,5 secondes en qualifications et 8 dixièmes en course. (…) Honnêtement, la voiture est bonne, elle se comporte bien sur les vibreurs et dans les virages rapides, se satisfait Jean-Eric Vergne. C’est une voiture saine »

Que retenir alors du week-end ? « Nous ne sommes pas du tout dans la situation où nous étions à Sebring en sachant que quelque chose de majeure clochait. Notre vrai problème a été la mise en température des pneumatiques, explique Jean-Eric Vergne, nous avons beaucoup plus souffert que les autres. Il va falloir trouver les réponses et les solutions ». Histoire d’être prêt à jouer aux avant-postes au Mans. 

(1) Cette concession était supposée compenser le désavantage constitué par la moindre surface de contact avec la piste. 

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La marque française lançait en compétition la version évoluée de sa 9×8. Premiers enseignements.

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