Volkswagen va investir 44 mds EUR dans la voiture du futur

Volkswagen va investir 44 mds EUR dans la voiture du futur

Le géant allemand de l’automobile Volkswagen a annoncé vendredi vouloir investir jusqu’à 44 milliards d’euros d’ici fin 2023 dans les voitures électriques et autonomes, ainsi que dans les services à la mobilité et le numérique.

C’est un pari audacieux et peut-être même à très haut risque si le marché de l’automobile, naguère voué au tout diesel, se convertissait exagérément au tout électrique. Le géant allemand de l’automobile Volkswagen y croit cependant et, même s’il conservera des gammes à moteurs thermiques et hybrides, l’effort qu’il s’apprête à produire en faveur de l’électrique laisse songeur. Il n’aurait sans doute pas pris une telle option aventureuse s’il n’avait vécu les cuisants déboires du diesegate.

À coup sûr désireux d’en laisser les ravages derrière lui, le groupe a annoncé vouloir consacrer 44 milliards d’euros d’investissements à accentuer son virage vers les voitures électriques et autonomes. Un effort aussi pharaonique que sans précédent.

« Le groupe Volkswagen s’est fixé pour objectif dans sa stratégie d’accélérer le rythme des investissements. Nous allons concentrer nos investissements dans les domaines d’avenir », a expliqué le PDG de l’entreprise Herbert Diess à l’issue d’une réunion du conseil de surveillance.

VW, qui a passé les trois dernières années empêtré dans le scandale provoqué par sa tricherie sur les émissions polluantes des véhicules diesels, augmente ainsi considérablement ses dépenses dans les technologies jugées propres. Les 44 milliards d’ici 2023 annoncés vendredi, dont 30 milliards concernent exclusivement le développement de voitures électriques, représentent un nette augmentation par rapport au budget global de 34 milliards d’euros annoncé en 2017 pour la période allant jusqu’en 2022.

« C’est la plus grande reconversion industrielle dans l’histoire du groupe », a même estimé Stephan Weil, le chef de l’exécutif de Basse Saxe, un Etat-région allemand et actionnaire important de Volkswagen.

Volkswagen a annoncé que de deux de ses sites de production de la région seront reconvertis en unités entièrement dédiées aux véhicules électriques. Le groupe a assuré qu’il n’y aurait aucune suppression de postes avant 2028. Les grands groupes automobiles allemands ont pris du retard dans le développement des véhicules électriques, ne s’engageant dans ce secteur stratégique qu’après le « Dieselgate », lorsque Volkswagen avait reconnu avoir équipé ses véhicules diesel d’un logiciel capable de tromper les tests de niveau de pollution.

Ce scandale a déjà coûté au groupe 28 milliards d’euros, et entraîné une chute des ventes de diesel en Allemagne et dans le monde.

Par ailleurs, en Allemagne, les groupes automobiles sont confrontés à la multiplication des décisions de justice pour interdire de circulation les véhicules diesels là où les normes de pollution aux microparticules ne sont pas respectées.

Enfin, Volkswagen a annoncé vendredi que ses pourparlers avec le géant américain Ford avançaient. Les deux groupes veulent coopérer sur le plan industriel afin de développer ensemble des véhicules utilitaires.

Une compacte électrique au prix d’une Golf diesel

VW, qui a passé les trois dernières années empêtré dans le scandale provoqué par sa tricherie sur les émissions polluantes des véhicules diesel, augmente ainsi considérablement ses dépenses dans les technologies jugées propres. L’an dernier à pareille époque il avait annoncé en ce sens un budget global de 34 milliards d’euros pour la période allant jusqu’en 2022.

«  C’est la plus grande reconversion (industrielle) dans l’histoire du groupe  », a même estimé Stephan Weil, le chef de l’exécutif de Basse-Saxe, un État-région allemand et actionnaire important de Volkswagen.

Pour y arriver, le géant de l’automobile mise sur un élément clé, sa nouvelle plate-forme de production dédiée aux véhicules électriques, la MEB, qui a vocation à être utilisée par plusieurs marques du groupe. S’il compte aujourd’hui 6 modèles électriques dans sa gamme, il veut porter ce chiffre à plus de 50 d’ici 2025, a assuré M. Diess. De quoi tirer les prix de ces véhicules vers le bas. Un premier modèle devrait sortir en 2020 de la plate-forme MEB, une compacte offrant «  550 kilomètres d’autonomie pour le prix d’une Golf diesel  », a déclaré le dirigeant.

Volkswagen a par ailleurs annoncé que deux de ses sites de production de Basse-Saxe seront reconvertis en unités entièrement dédiées aux véhicules électriques. Le groupe a assuré qu’il n’y aurait aucune suppression de postes avant 2028. En outre, le groupe souhaite construire une nouvelle usine en Europe de l’Est, qui accueillera des modèles de plusieurs marques. «  Le nombre de nos usines multimarques va augmenter dans le futur  », a déclaré M. Diess.

Les grands groupes automobiles allemands ont pris du retard dans le développement des véhicules électriques, ne s’engageant véritablement dans ce secteur stratégique qu’après le «  Dieselgate  », lorsque Volkswagen avait reconnu avoir équipé ses véhicules diesel d’un logiciel capable de tromper les tests de niveau de pollution. Ce scandale a déjà coûté au groupe 28 milliards d’euros, et entraîné une chute des ventes de diesel en Allemagne et dans le monde.

Diesel interdit de séjour

Les groupes automobiles sont par ailleurs confrontés en Allemagne à la multiplication des décisions de justice pour interdire la circulation des véhicules diesels là où les normes de pollution aux microparticules ne sont pas respectées. Ce type d’interdictions concerne désormais aussi une portion d’autoroute très fréquentée dans la Ruhr, sur l’A40, selon une décision de justice rendue jeudi.

Ce jugement, et d’autres qui l’ont précédé, relèvent d’une «  autodestruction  » de la prospérité allemande et constituent une «  menace (pour) la mobilité de centaines de milliers de citoyens  », a vertement réagi jeudi le ministre allemand des Transports Andreas Scheuer dans les colonnes du tabloïd Bild. Le gouvernement bataille d’ailleurs depuis des mois contre les interdictions de circulation afin de préserver le secteur de l’automobile qui représente quelque 800.000 emplois.

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