La ceinture de sécurité 3 points fête ses 60 ans

La ceinture de sécurité 3 points fête ses 60 ans

Commercialisée pour la première fois par Volvo en août 1959, la ceinture de sécurité à 3 points a contribué à sauver la vie d’innombrables automobilistes depuis.

L’idée de la ceinture de sécurité n’est pas nouvelle. Défriché par une aéronautique balbutiante au XIXe siècle, le concept est testé en compétition automobile dès 1896 lors de la course Paris-Marseille, tandis que le Québécois Gustave Désiré Lebeau brevette ses bretelles protectrices en 1903.

Mais il faut attendre 1959 pour que Nils Bohlin, ingénieur chez Volvo, invente la ceinture 3 points qui améliorait considérablement la retenue du corps en cas de choc, tout en pouvant être bouclée d’une seule main, et 1970 pour que son installation soit imposée aux constructeurs aux places avant. Malgré l’opposition des défenseurs des libertés individuelles, la France est le premier pays européen à légiférer dans ce domaine après le triste record de mortalité routière de 1972 (18 000 morts). Le port de la ceinture devient obligatoire hors agglomérations dans l’Hexagone en 1973.

Un passage par la loi rendu nécessaire par la faible acceptation de cet équipement de sécurité par la population. Seuls 20 % des automobilistes bouclaient effectivement leur ceinture avant 1973. Ce constat poussa Christian Gérondeau, le premier délégué interministériel à la sécurité routière nommé par Jacques Chaban-Delmas, à réagir. « Christian Gérondeau est venu nous voir pour nous demander de l’aider », se souvient le professeur Claude Got, anatomo-pathologiste, qui travaillait alors avec Claude Tarrière, chargé des questions de sécurité pour un constructeur automobile.

Les débuts de l’accidentologie

« On faisait des autopsies d’accidentés, mais on avait besoin de mesures efficaces pour étudier quelle ceinture faire, ni trop dure ni trop molle. » Grâce au don du corps pour la science, les chercheurs vont expérimenter des crash-tests avec de vrais cadavres dans les voitures. L’équipe multiplie les études, dont s’empare M. Gérondeau. Soutenu par Pierre Messmer, devenu Premier ministre, il propose un an après sa prise de fonction l’obligation de la ceinture de sécurité, instituée par un décret du 28 juin 1973. Cette obligation est alors limitée aux places avant des véhicules, et ne concerne que la circulation hors agglomération.

Combinée avec un décret du même jour réduisant la vitesse à 100 et 110 km/h, cette décision porte rapidement ses fruits : « Quelques semaines après l’arrêté, 80 % des automobilistes mettaient la ceinture » et « en décembre 1973, le nombre de tués sur les routes avait baissé de 30 % », appuyé également par le premier choc pétrolier, en octobre de la même année, souligne Claude Got. « Ensuite, ça n’a pas cessé de baisser, ce fut une véritable rupture. »

En 1975, l’obligation de la ceinture est étendue la nuit et sur les voies rapides urbaines. Puis elle est généralisée en 1979 aux agglomérations, de jour comme de nuit. Il faudra attendre 1990 pour obtenir l’obligation de la ceinture à l’arrière. Enfin, depuis 2008, chaque enfant transporté en voiture doit occuper seul une place équipée d’une ceinture et être attaché selon le mode le plus adapté à sa morphologie.

Amende de 3 points et 135 euros

« Il y a eu de nombreux débats pour savoir si on pouvait contraindre quelqu’un à se protéger s’il n’en a pas envie », reconnaît Claude Got, qui souligne qu’il s’agit d’une « contrainte légère qui divise par 2,5 la mortalité ». Le professeur a longtemps lutté contre « les mensonges qui tuent » : « On évoquait des cas isolés de gens coincés par leur ceinture dans une voiture tombée dans un ravin ou en train de prendre feu. » Pourtant, insiste-t-il, « sans ceinture, le plus gros danger est d’être éjecté ou assommé, tandis que la ceinture permet de rester conscient et de pouvoir réussir à s’extraire à temps. » Le non-port de la ceinture entraîne une amende forfaitaire de 135 euros, minorée à 90 euros si le contrevenant paye immédiatement, et le retrait de 3 points du permis de conduire.

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